De qui se moque-t-on?

H. Le.
De qui se moque-t-on?
©BELGA

Le futur Premier ministre entonne la Marseillaise à la place de la Brabançonne


Vidéo: revoyez la gaffe de M. Leterme


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Vidéos: cours de brabançonne pour M. Leterme avec Youtube 1 | 2 et avec Dailymotion


BRUXELLES La Fête nationale avait pourtant bien commencé. Pour une fois, notre fameuse drache nationale semblait avoir oublié de cocher la date sur son calendrier.

Et puis, soudain, la tempête. Rien de météorologique, mais médiatique. Au centre du cyclone : Yves Leterme, le formateur de notre futur gouvernement. L'homme qui a recueilli près de 800.000 voix sur son nom dans le nord du pays lors des dernières législatives du 10 juin.

Face au micro qui l'attend à quelques pas de l'entrée du Te Deum qui se tenait à la cathédrale de Bruxelles, ce 21 juillet, Yves Leterme accepte de jouer le jeu.

Quand le journaliste lui demande s'il connaît les paroles de notre hymne national, celui que tout le monde considère comme notre futur Premier ministre répond tout de go : "un peu" . Pas fameux. Mais le pire est à venir.

Face à l'insistance du journaliste, le formateur se met à entonner un petit extrait de ce qu'il considère comme l'hymne national de son pays... "Allons enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé...", entonne-t-il . Médusé, le journaliste lui demande s'il est bien certain qu'il s'agit là de la Brabançonne. Réponse du formateur : "Oh, je ne sais pas".

Comme si cela ne suffisait pas, l'homme s'est aussi lamentablement troué sur la question de savoir ce que nous célébrions ce jour-là. Pour le candidat Premier ministre, il s'agit de la proclamation de la Constitution. En réalité, le 21 juillet est la date anniversaire de la prestation de serment du roi Léopold Ier en 1831.

Quelques instants plus tard, durant le Te Deum, le même homme, décidément très mal inspiré, n'a pas hésité à sortir et à utiliser son téléphone portable en pleine célébration. Choquant.

Au nord du pays, on refuse de stigmatiser cette bourde , préférant parler de l'humour incompris d'Yves Leterme. Le même homme répète régulièrement que la Belgique, en tant que telle, "ne doit exister que si elle apporte une plus-value aux Flamands". Au lendemain de sa sortie ratée, l'homme n'était pas joignable et son parti se contentait d'un "pas de commentaire" peu convaincant.


La gaffe d'Yves Leterme...


... qui fait parler d'elle jusque sur Euronews:



© La Dernière Heure 2007


De qui se moque-t-on?

EDITO PAR HUBERT LECLERCQ

Le slogan qui colle le mieux à notre ami Yves Leterme après sa sortie une fois de plus manquée est bilingue : Trop is te veel.

Comment un candidat au poste de Premier ministre peut-il se permettre de telles provocations ?

À cette question, seul Yves Leterme peut y répondre. Car l'homme est brillant et rompu aux rendez-vous avec les médias. Il n'est donc pas envisageable qu'il ait simplement pu se tromper. Qu'il ne maîtrise pas nécessairement les paroles de notre hymne national en français pourrait être acceptable, qu'il confonde Brabançonne et Marseillaise ne l'est en aucun cas.

La morgue affichée par cet homme qui est appelé à conduire les destinées de notre pays a de quoi faire réfléchir. Au lendemain de la campagne des législatives qui l'ont vu sortir, lui et son parti, larges vainqueurs en Flandre, l'homme avait semblé se draper dans des habits plus acceptables pour le sud du pays. On en aurait presque oublié sa sortie sur les limites intellectuelles des francophones face aux caprices de la langue de Vondel, lors d'une interview accordée à un quotidien français.

Mais, cette fois, l'homme pousse le bouchon beaucoup trop loin.

Yves Leterme a gagné le scrutin. Il est désormais le mieux placé pour prétendre au poste de Premier ministre, mais cette victoire ne l'autorise pas à toutes les arrogances. Par cette nouvelle sortie douteuse, l'homme s'est mis lui-même en difficulté et a encore rendu plus complexes les négociations pour la formation d'un futur gouvernement qui s'annoncent déjà suffisamment ardues sans qu'il soit nécessaire d'en rajouter une couche. S'il voulait envoyer un message aux flamingants, nul doute qu'il y est parvenu. S'il voulait apparaître comme un homme d'État digne de ce nom, il a lamentablement échoué en se moquant de nos institutions.

Peut-on réellement confier le futur de notre pays à cet homme décidément bien incontrôlable ?



© La Dernière Heure 2007

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