Le Roi va tenter de débloquer la crise

Christian Carpentier

Yves Leterme a de nouveau tiré sa révérence, même s'il rêve de retour

BRUXELLES Oui. Oui. Oui. Et non. Ce sont les quatre réponses, attendues, qu'a reçues Yves Leterme samedi matin à ses trois questions de la veille.

Ces questions, elles portaient sur l'acceptation de discuter de tous les dossiers communautaires au sein de la Convention, sur celle d'octroyer la possibilité aux Régions d'accorder des incitants fiscaux complémentaires aux entreprises et, enfin, sur celle de voir voter des réformes aux 2/3 sans équilibre obligatoire entre les deux Communautés.

Quant aux réponses, elles ont successivement émané du MR, de l'Open VLD, du CD & V/NV-A puis du CDH. Et le MR y ajoutait une balise : son président, Didier Reynders, rappelait que toute réforme aux 2/3 devait, constitutionnellement, s'appuyer sur une majorité dans chaque groupe linguistique.

Dans l'après-midi, Olivier Maingain (FDF) est également venu nuancer le propos, rejetant l'idée des incitants fiscaux aux entreprises.

Mais c'est principalement le refus, donc, des démocrates humanistes de valider le scénario mis vendredi sur la table qui a définitivement entraîné la chute du formateur.

Il n'a pas tardé à en tirer les conséquences. Dès 14 h 15, il s'est rendu au Palais, demandant officiellement au Roi de le relever de sa mission. Il a ensuite regagné un bureau élargi de son parti. Il y a reçu une très étonnante standing ovation, lui qui en est déjà à sa deuxième démission.

Peu de temps après, il est venu à la rencontre des médias, au pied de l'imposant escalier de la Chambre (lire par ailleurs). Un peu ému, il a surtout veillé à se ménager, de nouveau, une possibilité de retour, se disant toujours "disponible ".

Il est vrai que l'homme n'a plus rien : il a cédé son poste de ministre-président flamand à Kris Peeters, et se retrouve simple sénateur.

Avec qui pour lui succéder ? En début de soirée de samedi, le Palais a surpris, en recevant Guy Verhofstadt (Open VLD). Futur formateur ? La rumeur a été rapidement démentie. Le Gantois n'aurait été reçu qu'à titre de Premier ministre, et n'a d'ailleurs été chargé d'aucune mission par le Roi. C'est vrai et faux, comme on le lira en page trois.

En coulisses, les langues se sont peu à peu déliées. Chacun reconnaît que la crise s'est jouée lundi soir, lorsque la NV-A a désavoué la note Leterme, forçant le CD & V à en faire de même le lendemain.

Le formateur lui-même a alors cherché à refiler la responsabilité de l'échec dans un autre camp. Jeudi, il envisageait déjà, dit-on, de démissionner. Et vendredi, ce sont les présidents du MR et de l'Open VLD, Didier Reynders et Bart Somers, qui l'ont aidé à rédiger les fameuses trois questions censées permettre la sortie de crise.

Mais le CDH a calé. À la surprise, dit-on, de certains partenaires. Ce dimanche, Joëlle Milquet expliquait que c'était en raison de notes et de questions autres que celles que les médias ont relayées. Les autres partenaires ont démenti.

Mais le résultat, lui, est là : Leterme n'est plus, et l'Orange bleue est sans doute définitivement morte et enterrée. Même si, chez certains, la porte ne semble étonnamment pas encore totalement fermée...



© La Dernière Heure 2007


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