La périphérie s’internationalise

Lud. N.
La périphérie s’internationalise
©Martin D'Haese St LLB

C’est ce qu’affirme Didier Willaert, de la VUB, au terme d’une étude sur le caractère flamand de la banlieue bruxelloise

BRUXELLES La périphérie bruxelloise est de moins en moins flamande et de plus en plus internationalisée. Ce constat nous parvient de Didier Willaert, démographe à la VUB, et qui vient juste de réaliser une étude sur le caractère flamand de la périphérie ainsi qu’une autre sur sa constante internationalisation.

Ces deux études sont analysées dans le dernier numéro de la revue trimestrielle Carrefour , distribuée aux francophones de la banlieue bruxelloise, en Région flamande.

Didier Willaert y affirme que la périphérie connaît actuellement une “déflamandisation significative” . Selon lui, cette déflamandisation serait due, d’une part, à une implantation massive des francophones depuis les années 50; d’autre part, au départ de nombreux Flamands. Et cette tendance s’est encore renforcée depuis 2003, sans doute à cause de la flambée des prix de l’immobilier à Bruxelles ainsi que son boom démographique. Et ceci malgré les tracasseries flamandes à l’égard des habitants non néerlandophones.

Mais si la périphérie est de moins en moins flamande, elle devient également de moins en moins francophone. “Les Flamands ne parlent plus de francisation mais bien d’ontnederlandsing que l’on peut traduire par déflamandisation” , commente la revue Carrefour .

En 2008, les étrangers représentent 11,5 % de la population totale de la périphérie bruxelloise (17,1 % dans les communes à facilités et 10,4 dans le reste) alors qu’il n’existe que 5,8 % d’étrangers en Région flamande. “Ces étrangers de la périphérie sont le plus souvent originaires de l’Union européenne, des USA et du Canada. Il y a peu de Marocains et de Turcs dont le nombre augmente toutefois à Vilvorde, Wemmel ou Leeuw-Saint-Pierre” , constate Carrefour .

Le flux d’immigration de la Région bruxelloise vers la périphérie est passé de 2.800 en 1999 à 5.600 en 2006, analyse Didier Willaert. Dans l’arrondissement BHV, environ 25 % des mères d’enfants nés en 2008 sont de nationalité étrangère. À Bruxelles, ce pourcentage atteint 32 % et dans les communes à facilités 38 %.

Enfin, l’étude révèle que, malgré cette déflamandisation constante de la périphérie, le nombre d’élèves suivant les cours dans l’enseignement néerlandophone ne cesse d’augmenter : on voit une progression de 15 % en 10 ans. Plus de 35 % des élèves de l’enseignement primaire ne parlent pas le néerlandais chez eux. Dans les communes à facilités, ce pourcentage oscille entre 70 et 100 %.



© La Dernière Heure 2010


L'effort bilingue des francophones de Flandre

BRUXELLES Après toutes ces années passées à essayer d’inculquer le flamand à ses habitants non néerlandophones, la Région flamande peut désormais se rassurer : c’est fait, c’est réussi, les francophones de Flandre sont de plus en plus bilingues. C’est en effet ce qui ressort de la dernière étude du Centre des francophones de Flandre, qui rassemble des chercheurs universitaires francophones et néerlandophones. Ceux-ci y ont démontré que si le nombre de francophones en Flandre n’a diminué que dans des proportions très “relatives”, l’on constate que leur profil socio-économique a bien changé : ils ne sont plus unilingues et s’intègrent davantage dans la société néerlandophone. “On est donc loin aujourd’hui d’un unilinguisme parfois arrogant d’une partie d’entre eux qui, jusque dans les années 70, véhiculaient encore l’image des fransquillons du 19e siècle” , note la revue Carrefour de ce mois de novembre qui résume les recherches d’un professeur de l’université d’Anvers, Alex Vanneste. D’après l’étude de ce linguiste, s’il y a un peu moins de francophones aujourd’hui en Flandre, c’est aussi parce que plusieurs familles se sont établies à Bruxelles et dans le Brabant wallon. “La plupart des francophones de Flandre sont mieux intégrés, voire mieux acceptés, parce qu’ils sont enfin davantage bilingues” , ajoute-t-il, faisant la distinction entre les francophones installés depuis longtemps en Flandre profonde et ceux qui habitent en périphérie bruxelloise et “qui y mènent un combat de type communautaire en vue d’une hypothétique extension de la Région bruxelloise”.



Le Flamand préfère le francophone de France

BRUXELLES “La Flandre lâche les francophones de Belgique et… se tourne vers la France !” Tel est le titre d’un article publié dans le numéro 58 des Nouvelles de Flandre , ce trimestriel de l’Association pour la promotion de la francophonie en Flandre. L’on y apprend que les autorités flamandes tolèrent, et même encouragent, l’usage du français à condition d’émaner de France. “Le gouvernement flamand a en effet conclu avec la France et plus particulièrement avec la Région Nord-Pas-de-Calais des accords de coopération qu’il refuse systématiquement de conclure avec la Communauté française de Belgique, malgré l’insistance du Conseil de l’Europe” , commente la revue Carrefour , qui relaie l’information. “Ce renforcement de la coopération culturelle est promu par le ministre des Affaires intérieures flamandes Geert Bourgeois” , précise-t-elle.

La Flandre poursuit ici quatre objectifs bien précis, dont le renforcement de la force de frappe économique de la Flandre “en travaillant activement sur le marché français dans le but d’augmenter les exportations de la Flandre vers la France, en attirant, notamment, des touristes et des investissements français en Flandre” . Elle souhaite également diffuser sa culture, sa langue et son patrimoine dans ses relations avec la France et “stimuler l’enseignement de la langue de l’autre”. L’objectif ultime étant de “défendre les intérêts flamands et communs dans la région frontalière” . Soit une discrimination européenne de plus envers les francophones de Belgique.



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