Damien Thiéry se demande "si le CD&V veut une solution"

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Damien Thiéry se demande "si le CD&V veut une solution"
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Le bourgmestre non nommé de Linkebeek, Damien Thiéry (FDF), exprime ses craintes quant aux négociations sur BHV


BRUXELLES Le FDF, parti frère du MR, regarde l’évolution de la situation avec perplexité. Damien Thiéry est député FDF à la Chambre. Et l’un des trois bourgmestres non nommés (Linkebeek) de la périphérie bruxelloise…

Quelle est votre position sur le volet BHV de la note du formateur Elio Di Rupo (PS) ?

“J’ai eu une poussée d’urticaire quand j’ai lu ce qu’il avait prévu pour la périphérie ! Il n’y a absolument rien qui permet de dire que les francophones recevront des compensations… Il est évoqué la possibilité pour les francophones de ne plus devoir demander leurs documents en français que tous les six, au lieu de tous les ans… Mais c’est de la foutaise ! Après six ans, un francophone n’a pas changé de rôle linguistique.”

Vous êtes sévère.

“Je vous donne un autre exemple, plus vicieux… On propose aux électeurs des communes à facilités – ce qui veut par ailleurs dire qu’on oublie les 80.000 autres francophones des communes sans facilités – de voter, au choix, à Bruxelles ou en Flandre. Mais c’est le meilleur stratagème flamand pour diviser le nombre de voix des francophones… C’est extrêmement vicieux. Et même Elio Di Rupo n’a pas compris cela.”

Vous comptez sur le président du MR, Charles Michel, pour relayer vos craintes ?

“Oui, bien sûr. Charles Michel, jusqu’à présent, a toujours été très clair. Il est bien conscient de tous les soucis de la périphérie. Et puis, il est bien conseillé par Olivier Maingain et Didier Reynders.”

Vous avez donc confiance en lui ?

“Pour l’instant, j’ai absolument confiance en mon parti. Et pour moi, la seule compensation permettant de vivre aux francophones avec les mêmes droits qu’aujourd’hui, c’est l’élargissement de Bruxelles…”

Dans le cadre d’un accord communautaire global, pourriez-vous (avec le FDF) voter différemment que le MR sur le volet BHV, comme cela s’est déjà produit dans le passé ?

“Imaginons qu’un accord est conclu sur la base de la note de Di Rupo ou, pis encore, sur celle de Beke. Je m’en distancie évidemment ! Pour moi et les 150.000 francophones de la périphérie, cette note-là est inacceptable. Ceci dit, je ne pense pas que le MR, dans son ensemble, l’acceptera. Tout simplement, parce qu’aucune compensation n’est prévue…”

Ce n’est pas encourageant ce que vous dites dans le cadre de négociations qui associeront le MR et le CD&V.

“C’est exact. Mais posez-vous la question de savoir si certains partis en Flandre veulent vraiment une solution. La formule de Beke n’est pas difficile : tout ce qui est à moi est à moi; tout ce qui est à vous, on en discute… C’est ce qu’il disait en demandant avant tout de discuter sur BHV et de laisser les compensations francophones au frigo. Je me demande réellement si le CD&V et la N-VA veulent une solution…”

Le dossier BHV est à ce point essentiel ?

“Le gouvernement est tombé à cause de cela. C’est un problème purement existentiel ! L’enjeu premier, c’est Bruxelles. Et Bruxelles est la garantie de l’avenir de l’État belge.”



© La Dernière Heure 2011

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