La Wallonie ne peut vivre seule

Stéphane Tassin
La Wallonie ne peut vivre seule
©BELGA

Selon Jules Gazon, prof à Hec, la seule solution est un rattachement à la France

BRUXELLES Depuis quelques années déjà, ils sont quelques-uns à prôner un rattachement à la République française en cas de scission du pays.

Une thèse renforcée très récemment par le professeur émérite de Hec (Université de Liège), Jules Gazon, qui a calculé l’impact financier d’une indépendance wallonne.

Pour lui, c’est très clair : la Wallonie ne peut vivre seule. “Une telle réalité en cas de scission déclencherait un processus infernal du type de celui que connaît la Grèce aujourd’hui. Le processus infernal annoncé résulterait du désarroi et de la spéculation des marchés financiers qui feraient monter les taux d’intérêt du refinancement de la dette wallonne à un niveau conduisant probablement à la faillite de l’État wallon.”

Il précise de plus que, “de toute évidence, les besoins de financement seraient gigantesques à un point tel qu’il faudrait envisager une cessation de paiement : annuler une partie de la dette avec pour conséquence une perte de crédibilité que la Wallonie devrait porter pendant de nombreuses années, même si elle amorce son redressement. Pour rester dans la zone euro, il lui serait imposé de rétablir l’équilibre budgétaire sur un terme à négocier. On ne pourrait trop l’espérer d’une augmentation des impôts qui sont déjà très élevés comparativement aux autres pays de la zone euro. Mais une réduction d’une telle ampleur de la masse salariale de la fonction publique, des interventions dans les soins de santé et des allocations est de fait impossible. Outre le climat insurrectionnel qui s’ensuivrait, la demande intérieure s’effondrerait, handicapant d’autant le redressement.”

Jules Gazon explique, sans développer plus en avant, la thèse défendant une alliance Wallonie-Bruxelles. Selon lui, elle serait sans doute plus viable qu’un État wallon seul, mais elle rencontrerait de nombreux obstacles.

La thèse d’un confédéralisme belge ne rencontre pas non plus l’optimisme du professeur liégeois : “Les Flamands s’en accommoderont en maintenant même le lien solidaire avec les Wallons, qu’ils n’auront pourtant de cesse de vouloir rompre le plus tôt possible.”

La conclusion de Jules Gazon renvoie donc à un rattachement avec statut particulier de la Wallonie à l’État français : “L’union à la France constitue le choix de raison à défaut d’être pour certains le choix du cœur.”

Rappelons quand même que nous n’en sommes pas encore là !



© La Dernière Heure 2011

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