Écolo veut réformer l’Afsca

Antoine Clevers

“Tirons les leçons” de l’affaire de la viande de cheval, propose Olivier Deleuze

BRUXELLES En tant qu’ingénieur agronome de formation, le coprésident d’Écolo Olivier Deleuze a fait du scandale de la viande de cheval son nouveau dada… Il enfourche la problématique et propose : “Il est temps d’apporter un changement structurel à notre approvisionnement alimentaire. Tirons les leçons de la crise actuelle.”

Sans surprise, il met avant tout en valeur le travail des petits producteurs de viande locaux et entend les soutenir. Cela passera, pense-t-il, par une réforme… de l’Afsca, l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire.

“L’Afsca s’engage dans des politiques qui nuisent à la qualité de notre alimentation”, dénonce-t-il. “Ses normes sont beaucoup trop strictes pour les petits producteurs et favorisent de la sorte les grosses sociétés du secteur agroalimentaire. Sociétés qui vont développer des systèmes de production à ce point complexes qu’il devient très difficile de les contrôler.”

L’exemple de la viande de cheval, originaire de Roumanie et retrouvée dans des lasagnes surgelées, appuie évidemment son discours.

M. Deleuze veut s’inspirer de la réglementation française. “Les normes appliquées aux petits producteurs des circuits courts doivent être moins strictes que celles en vigueur pour les grands circuits de production internationaux.” Les risques sanitaires ? Il les balaie. “Si on sait d’où vient la viande (par exemple des fermes wallonnes, NdlR), le contrôle de la qualité se fait plus facilement et on n’a plus besoin de normes épouvantablement complexes.”

L’idée, détaille Écolo, serait de créer un code de bonne conduite (en accord avec les autorités) propre aux producteurs locaux, comme le font déjà les boulangers. On garderait en revanche des normes plus strictes pour la grande industrie.

“Il n’y aura que des gagnants”, conclut le coprésident d’Écolo à ce propos. “Favoriser le circuit court sera bon pour l’emploi local, bon pour l’environnement et bon pour la santé grâce à des produits de meilleure qualité.”

Les Verts déposeront prochainement une proposition de résolution demandant au gouvernement fédéral de revoir les normes de l’Afsca. Et, si nécessaire, ils déposeront une proposition visant à modifier la loi organique qui régit l’Agence.

Mais Olivier Deleuze veut aller plus loin et met l’accent, notamment, sur trois éléments :

Exiger des grosses entreprises de l’industrie agroalimentaire d’indiquer dans leur bilan annuel où elles s’approvisionnent et selon quels procédés.

Promouvoir les filières wallonnes de production en tout genre (lait, légumes, fruits,…). Par exemple, en créant un label Agriculture wallonne. “Le gouvernement wallon travaille déjà en ce sens. Mais il faut aller plus vite et plus fort”, clame M. Deleuze.

Au niveau européen, obtenir une transparence maximale sur le contenu des aliments via un étiquetage plus clair. Cela n’empêchera pas la fraude, preuve en est avec la viande de cheval… “C’est vrai, mais si vous avez une législation claire, les contrôles seront plus efficaces et plus nombreux.”

© La Dernière Heure 2013

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be