Bienvenue à Evere, la commune de Rudi Vervoort

Rudi Vervoort (PS) est né à Evere. Il en est le bourgmestre depuis 15 ans. Mais, s’il le peut, il rempilera à la Région bruxelloise

Antoine Clevers
Bienvenue à Evere, la commune de Rudi Vervoort
©Lecocq

Demandez à Rudi Vervoort (PS) de vous faire visiter Evere, dont il est le maïeur depuis 15 ans, il vous emmènera - comme une évidence - à la maison communale… "Dans une carrière politique, ce lieu est la base où on construit son expérience sur le fond des dossiers et sur le relationnel."

Le socialiste est actuellement bourgmestre empêché puisque, le 7 mai dernier, il prenait la succession de Charles Picqué (PS) au poste de ministre-président de la Région bruxelloise. Or, le cumul entre ces deux mandats est interdit. Qu’à cela ne tienne : il nous accueille dans… le bureau du bourgmestre. Le sien.

"Je reste le bourgmestre", sourit-il. "Je respecte bien sûr le jeu des institutions. Je ne fais plus de permanence, je ne suis plus dans la gestion fonctionnelle quotidienne de la commune, mais je ne m’en désintéresse pas pour autant. Je continue à être très attentif aux enjeux importants."

La fonction de bourgmestre ne vous manque pas trop ? 


"Pas pour le moment. Je dois dire que j’ai été très pris par la ministre-présidence. Je craignais que le job ne soit moins proche du terrain et que je doive me livrer à davantage de réceptions officielles, mais il est en fait très concret. On vogue dans le supracommunal. Comme ministre-président, vous êtes amené à devoir trancher des questions ayant un impact direct sur la vie des gens. Le patrimoine, l’urbanisme, c’est du concret ! Je peux aussi citer la 4G, sur laquelle j’ai eu un rôle d’arbitre dernièrement." 

Vous avez un rôle de super-bourgmestre, au-dessus des 19 entités de la Région ? 

"Pas dans les compétences. Mais si on veut bien appréhender la réalité bruxelloise, il faut connaître cette relation très forte qui unit les 19 communes à la Région."

Qu’est-ce qui différencie Bruxelles de la Flandre ou de la Wallonie ? 

"Bruxelles est une ville-Région. On n’a pas ces problèmes de sous-régionalisme comme en Wallonie ou en Flandre. L’identité bruxelloise est en train de se consolider. Ses habitants ont pris conscience que quelque chose avait changé en Belgique avec la crise politique de 2007, puis avec les 541 jours sans gouvernement en 2010 et 2011. Ils se sont rendu compte que les préoccupations du Nord et du Sud n’étaient pas forcément celles du Centre. D’ailleurs, ils me disent souvent : Surtout, protégez bien Bruxelles !" 

Parce que Bruxelles fut le parent pauvre du pays ? 

"Les Bruxellois estiment avoir été laissés de côté. Et ce sentiment est partagé dans tous les quartiers de la Région." 

Vous serez tête de liste à la Région en 2014. L’objectif : rempiler à la ministre-présidence ? 

"C’est très clair. Je suis candidat ministre-président." 

Si le PS devait terminer deuxième, derrière le MR, vous pourriez être simple ministre ? 

"Ce n’est pas à moi de le déterminer. En politique, on ne peut rien exclure. Même pas l’opposition…" 

Peu probable… 

"Je crois qu’il y a encore ce fantasme chez certains de nous voir dans l’opposition. Souvenez-vous qu’en 2007, Didier Reynders (MR) estimait que mettre le PS dans l’opposition était une réforme de l’État en soi… Mais je pense que le Parti socialiste a la capacité pour être premier à Bruxelles. Face aux clivages internes forts du MR qui ont obligé Didier Reynders à se positionner (NdlR : lui et Vincent De Wolf reluquent la ministre-présidence), seul le PS peut se vanter d’avoir fait du refinancement de Bruxelles une priorité depuis des années. Seul le PS a un ancrage fort dans la défense de la Région, contrairement à Didier Reynders qui n’avait jamais parlé de Bruxelles avant d’y arriver il y a un an et demi…"

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