Budget 2014: "La Flandre est le dindon de la farce" selon la N-VA

De son côté, Anne Demelenne estime que cibler les salaires des travailleurs, " comme le demande la famille libérale", revient à " se tromper de cible".

Belga
Budget 2014: "La Flandre est le dindon de la farce" selon la N-VA
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La N-VA a fustigé mercredi les résultats du conclave budgétaire qui s'est conclu mardi soir au gouvernement fédéral. Selon elle, le gouvernement n'agit qu'à la "marge" alors que le gouvernement flamand est prêt à injecter chaque année 166 millions d'euros pour la relance.

"Nous ne pouvons que constater que la bonne volonté se trouve toujours du même côté", a commenté le chef de groupe à la Chambre, Matthias Diependaele. "En accouchant d'un mini-plan de relance, l'équipe d'Elio Di Rupo confirme une nouvelle fois qu'elle ne peut dépasser le stade du 'faisable' (en français dans le texte, nldr). Pas de solutions structurelles, mais le maximum de ce qu'on peut atteindre dans le contexte belge actuel", a précisé Jan Jambon, chef de groupe à la Chambre.

Ce dernier s'en est particulièrement pris à la hausse du précompte mobilier sur les boni de liquidités qu'il a qualifiée d'"attentat" contre la pension des entrepreneurs.

Jan Jambon reproche au gouvernement de mettre de côté les "véritables problèmes" or, si "le gouvernement fédéral a vraisemblablement le temps, nos entreprises n'ont plus une minute à perdre".

Jan Jambon a rappelé le plaidoyer de la N-VA invitant à la formation d'un gouvernement de relance socio-économique après les élections qui réalisera les réformes nécessaires.

Pour Matthias Diependaele, en l'état actuel des choses, la Flandre est le dindon de la farce. "Le ministre-président Kris Peeters peut continuer à exiger en vain des mesures. Nous déplorons avec lui que le gouvernement fédéral ne puisse venir le soutenir avec des mesures structurelles".

Le député flamand a ajouté que la réforme de la loi de financement et la réforme de l'Etat allaient coûter des milliards à la Flandre, raison pour laquelle le gouvernement flamand souhaitait injecter 166 millions d'euros par an dans l'économie. "Nous ne pouvons que constater que cette volonté ne vient que d'un côté", a-t-il insisté.

FGTB: "Une occasion manquée de redonner de l'espoir aux travailleurs"

Alors que la croissance ne devrait atteindre que 0,1% cette année et que les perspectives sont sombres en matière d'emploi et de pouvoir d'achat, le budget 2014 et les mesures de relance adoptées par le gouvernement fédéral représentent "une occasion manquée de redonner de l'espoir aux travailleurs", a déclaré la secrétaire générale de la FGTB, Anne Demelenne, dans une première réaction livrée à l'agence Belga.

La responsable syndicale estime notamment que cibler les salaires des travailleurs, "comme le demande la famille libérale", revient à "se tromper de cible". "Les salaires sont sous contrôle depuis la loi de 1996 sur la compétitivité. Mais cela n'empêche pas les entreprises de perdre des parts de marché à l'exportation. C'est la preuve que ce ne sont pas les salaires qui posent problème mais le manque de dynamisme des entreprises qui n'investissent pas assez dans l'innovation, la formation et la recherche et développement". La secrétaire générale de la FGTB avertit en outre que toucher à la loi de 1996 reviendrait à "mettre en péril la paix sociale dans ce pays".

Afin de diminuer les coûts pesant sur les entreprises, la FGTB estime qu'une diminution de la TVA sur l'électricité, pour la ramener à 6%, aurait été "une bonne solution" car elle aurait également permis de soutenir le pouvoir d'achat des particuliers. Le syndicat revendique depuis 2008 une baisse de la TVA sur l'électricité.

Le syndicat socialiste rappelle par ailleurs sa demande de lier les diminutions de cotisations sociales à la création d'emplois.

Enfin, la FGTB voit d'un bon œil la légère revalorisation des bas salaires (renforcement du bonus à l'emploi) qui a été décidée mais, souligne Anne Demelenne, "cela ne va pas compenser le gel des salaires" pour 2013 et 2014.

FDF: pas de relance et un trou de 4 milliards d'euros par rapport à l'objectif initial

Il est "hypocrite de faire croire qu'un véritable plan de relance a été adopté alors que le gouvernement Di Rupo n'a prévu que des mini-mesures à hauteur de 260 millions d'euros, soit même pas 1 pour mille du PIB", a réagi mercredi le député Bernard Clerfayt (FDF) au lendemain de la conclusion du conclave budgétaire. 

Les FDF constatent que les budgets successifs d'austérité du gouvernement Di Rupo ont ponctionné des milliards d'euros sur l'économie réelle et que, malgré cela, le déficit public pour l'Entité I (fédéral et sécurité sociale) atteindra -2,3% du PIB, alors que l'objectif initial pour atteindre l'équilibre budgétaire en 2015 était chiffré à -1,2% du PIB en 2014. "Il existe donc un trou de 1,1% du PIB par rapport à l'objectif initial, soit plus de 4 milliards d'euros", souligne Bernard Clerfayt.



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