Bpost: Johnny Thijs ne rempilera pas

Le deuxième mandat de Johnny Thijs au poste d'administrateur délégué prend fin le 6 janvier prochain.

Belga

Johnny Thijs, l'administrateur délégué de bpost, a annoncé lundi, au cours d'un conseil d'administration, qu'il ne se présentera pas pour un nouveau mandat à la tête de l'entreprise, a annoncé cette dernière dans un communiqué. Le deuxième mandat de Johnny Thijs au poste d'administrateur délégué prend fin le 6 janvier prochain. M. Thijs continuera toutefois à assurer ses fonctions jusqu'à ce que son successeur soit nommé et que cette nomination soit confirmée par arrêté royal, a précisé l'entreprise.

"Le conseil d'administration a en outre demandé à sa présidente, Martine Durez, et à Johnny Thijs, de piloter la recherche d'un nouvel administrateur délégué et de faire rapport au comité de rémunération et de nomination de la société", a ajouté bpost.

Le conseil a enfin "confirmé sa confiance au management et lui demande de poursuivre la mise en œuvre de la stratégie de la société et de son plan financier."

Arrivé au terme de son deuxième mandat, Johnny Thijs a donc préféré quitter la société plutôt que de voir son salaire sensiblement raboté. L'administrateur délégué de bpost gagne ac­tuel­le­ment 1,12 mil­lion d'euros par an, un montant qui devrait à l'avenir être limité à 650.000 euros maximum.

Thijs: "Manque de soutien de la part de l'actionnaire majoritaire"

"Après 12 années passionnantes auprès de bpost, j'ai ressenti la manière dont les autorités politiques ont mené la discussion sur la rémunération comme un manque de confiance et de soutien de la part de l'actionnaire majoritaire", a déclaré lundi Johnny Thijs, l'administrateur délégué de bpost, après avoir décidé de renoncer à se présenter pour un troisième mandat à la tête de l'entreprise. "Dans ces circonstances, il est préférable dans l'intérêt de tous que j'emprunte un autre chemin", a-t-il ajouté en assurant par ailleurs qu'en attendant l'arrivée de son successeur, il s'investira "pleinement pour assurer la continuité et le maintien de la discipline de gestion de l'entreprise".

"Je souhaite enfin remercier tous les collaborateurs, les collègues du Comité de Direction, la présidente du Conseil d'Administration, Madame Durez, et tous les membres du Conseil pour leurs contribution et soutien continus", a conclu Johnny Thijs

M. Labille prend acte de la décision de M. Thijs, le remercie pour le travail remarquable

Le ministre des Entreprises publiques, Jean-Pascal Labille, a indiqué lundi "prendre acte" de la volonté de l'actuel l'administrateur délégué de bpost, Johnny Thijs, de ne pas poursuivre à la tête de l'entreprise postale après deux mandats. "M. Thijs demeurera en poste jusqu'à ce qu'un successeur lui soit trouvé et ce, afin de garantir à l'entreprise et au personnel une nécessaire stabilité", a indiqué le ministre dans un communiqué.

Le mandat de M. Thijs expire le 6 janvier. Mais il a annoncé lundi, au cours d'un conseil d'administration, qu'il ne se présentera pas pour un nouveau mandat à la tête de l'entreprise. M. Labille a remercié M. Thijs pour le travail "remarquable" qu'il a accompli au cours de ses deux mandats.

Il "est parvenu à moderniser la poste belge et à en faire une entreprise compétitive tout en veillant à maintenir un climat social constructif. Sous l'égide de M. Thijs, l'entreprise aura cette année encore connu d'importants changements: entrée en bourse, départ de l'actionnaire privé CVC, etc", a souligné le ministre.

Selon lui, les différentes démarches (rédaction d'un profil de fonction, sélection d'une entreprise de chasseurs de tête, etc.) seront rapidement entreprises afin de permettre la nomination dans les meilleurs délais d'un nouveau CEO de bpost.

Syndicats: "Un grand patron qui n'aimait pas trop la contradiction" 

Arrivé au terme de son deuxième mandat et soutenu par son conseil d'administration pour une reconduction à la tête de bpost, Johnny Thijs, l'administrateur délégué de l'entreprise postale, a finalement décidé de ne pas se présenter pour un troisième mandat, sur fond de discorde avec le gouvernement qui souhaite limiter le salaire de ses hauts dirigeants. "C'était un grand patron même s'il n'aimait pas trop la contradiction", a réagi André Blaise, responsable poste à la CSC-Transcom. "D'un point de vue financier, il s'en est bien sorti alors que plusieurs administrateurs délégués avant lui se sont fourvoyés. Par contre, d'un point de vue social, des milliers d'emplois sont passés à la trappe et la productivité a explosé", a poursuivi le représentant du syndicat chrétien.

"Le bilan de Johnny Thijs chez bpost est mitigé", a de son côté estimé Jozef De Doncker (CGSP).

Quoi qu'il en soit, les syndicats ne sont pas rassurés par ce départ, alors que les négociations relatives à une nouvelle convention collective de travail doivent débuter le mois prochain. "L'incertitude créée par la situation n'est pas un cadeau de Noël pour nous", a poursuivi le responsable du syndicat socialiste.

Inquiétude identique du côté de la CSC où l'on se demande de quelles conditions seront assorties les futures négociations et quel agenda sera défini. "Il est préférable que l'incertitude ne dure pas trop longtemps car le personnel attend vraiment quelque chose de cette nouvelle convention", a ainsi souligné Lieve Van Overbeke.


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