La N-VA ira, ira pas ?

Les nationalistes flamands continuent de progresser. S'ils sont difficilement contournables en Flandre, ils ne le sont pas au fédéral. Blocage communautaire en vue donc... Analyse.

H. Le.
La N-VA ira, ira pas ?
©Reporters

On attendait une nouvelle progression de la N-VA de Bart De Wever. Tous les sondages, tout au long de la campagne, avaient installé les nationalistes flamands au-dessus de la barre historique des 30 %. Les urnes ont donné raison à ces études d’opinion.

La N-VA, qui continue de progresser, s’installe très confortablement en tête des formations politiques flamandes. Bart De Wever décrocherait ainsi, à titre personnel, plus de 314.000 voix, tandis que son parti enverrait 34 parlementaires à la Chambre, soit une progression de 7 sièges.

Une nouvelle percée très nette qui se fait essentiellement sur le dos du Vlaams Belang. Le parti de l’extrême droite flamande disparaît presque complètement du paysage politique, il ne disposerait plus que de 3 sièges au Parlement contre 12 lors de la dernière législature.

Les formations flamandes qui ont participé au gouvernement d’Elio Di Rupo ont tenu le coup. Le CD&V conserve nettement la deuxième position et gagnerait même un siège à la chambre (18) tandis que le SP.a et l’Open-VLD sont au coude à coude. Les socialistes flamands garderaient leurs 13 sièges, tandis que les libéraux flamands en gagneraient 1 pour passer à 14.

L’autre vainqueur, côté flamand, s’appelle Groen. Les verts flamands ont enregistré une belle progression mais ne devraient gagner de sièges à la Chambre (5).

Sur base de cette projection qui reposait sur le dépouillement de près de 90% des bureaux à travers tout le Royaume, les trois partis traditionnels flamands disposeraient d’une majorité à la Chambre de 45 sièges sur les 86 sièges dévolus au corps électoral flamand.

Côté francophone, le PS conserve la tête mais perdrait de deux sièges (24 au lieu de 26). Le MR empocherait deux sièges supplémentaires, passant de 18 à 20 dans la future assemblée, le cdH conserverait, lui, ses 9 élus.

Le grand perdant, côté francophone, s’appelle Écolo. Les Verts l’ont reconnu dès le début de la soirée, "les scores ne sont pas à la hauteur des espérances", expliquait avec euphémisme Olivier Deleuze qui perd deux sièges au fédéral en n’en conservant que 6.

Le PTB et le PP devraient faire leur entrée au Parlement fédéral avec un siège chacun. Le FDF, qui peine toujours à s’installer dans le sud du pays, a fait un solide carton sur Bruxelles et devrait envoyer 2 élus à la Chambre.

Avec un tel scénario, la N-VA a-t-elle intérêt et/ou envie d’entrer dans un gouvernement fédéral ?

Les possibilités ne sont pas légion. Pour faire passer ses grandes réformes économiques et sociales, la N-VA ne peut envisager de monter dans un attelage qui serait codirigé par les socialistes.

Si, par contre, elle veut se passer du parti à la rose, elle devra compter sur des formations francophones qui - si elles devaient accepter de jouer le jeu, ce qui est loin d’être acquis - ne pourraient disposer d’une majorité mathématique dans leur rôle linguistique.

Si la N-VA est donc difficilement contournable en Flandre, elle ne l’est pas au fédéral.

Evidemment, après un nouveau record en terme de voix dans le Nord du pays, impossible de ne pas inviter Bart De Wever à la table des négociations au fédéral.

Un scénario qui rappelle évidemment celui de 2010. Mais on ne peut envisager un nouveau blocage aussi long de nos institutions.

Les francophones disposent d’un atout supplémentaire cette fois. La chute des verts au sud du pays pourrait permettre la constitution de majorités symétriques à la Région wallonne et à la Région bruxelloise (PS-MR-cdH). De quoi permettre aux formations francophones de ces majorités de parler plus facilement d’une même voix face à une N-VA toujours plus forte chez elle mais toujours aussi isolée sur la scène fédérale.

Evidemment, il ne faut pas non plus perdre de vue que la campagne n’a pas été tendre entre les deux grandes formations du Sud. Le PS et le MR ne se sont pas épargnés mais en politique, les petites ou grandes vacheries d’un jour ne sont pas des vérités qui s’imposent longtemps.



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