Le viaduc Reyers sera détruit d'ici fin 2015

Le gouvernement bruxellois s'est accordé jeudi matin sur la démolition du viaduc Reyers d'ici fin 2015.

Belga
Le viaduc Reyers sera détruit d'ici fin 2015
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Le gouvernement bruxellois, réuni jeudi matin pour la première fois depuis les vacances, a décidé de faire procéder au cours des prochains mois à la démolition du viaduc Reyers, dont les travaux de rénovation entamés il y a plusieurs semaines ont réservé une mauvaise surprise budgétaire. Le boulevard Reyers bénéficiera d'un réaménagement provisoire d'ici novembre 2015, si l'on en croit le ministre bruxellois des Travaux Publics, Pascal Smet, interrogé à l'issue de la réunion.

Le financement de ce chantier sera pris en charge par la Région et le département des Travaux Publics.

Le chantier de percement d'un tunnel pour les trams et les voitures sous la place Meiser, prévu dans le cadre de l'accord de coopération avec l'Etat fédéral via Beliris devrait être entamé plus tôt que prévu, soit fin 2018, a précisé Pascal Smet.

Le consensus au sein de la nouvelle équipe Vervoort (PS-FDF-cdH; Open Vld-sp.a-CD&V) s'est forgé mercredi soir, non sur le principe de la démolition d'une infrastructure héritée d'une conception de la ville des années '60 - '70 qui faisait l'unanimité, mais sur le timing et le volet budgétaire.

L'ardoise pour la rénovation entamée à la fin de la législature précédente était passée de 2,5 millions à 4 millions d'euros, ce qui avait poussé le nouveau ministre des travaux Publics Pascal Smet à interroger ses collègues sur l'opportunité de renoncer à ce viaduc dont Bruxelles Mobilité affirme qu'il n'est d'aucun apport significatif pour absorber le trafic de 2.000 à 2.800 voitures par heure qui l'empruntent vers et depuis le point noir de la circulation constitué par la place Meiser.

Le chantier de démolition et le réaménagement provisoire représentent une dépense de quelque 11 millions d'euros - dont 3 millions pour le toit du tunnel de prémétro à reconstruire car l'actuel est intégré dans la structure du viaduc -, mais à terme, le boulevard coûtera moins cher en entretien, a argumenté le ministre.

Dans un premier temps, immédiatement après la démolition du viaduc, le boulevard sera réaménagé en deux voies dans chaque direction. Le remodelage final de cet espace public pourra être entièrement adapté à la reconstruction de la place Meiser.

Bruxelles Mobilité prévoit des travaux jusque fin 2015.

Le coût total de la démolition et de la création d'un boulevard, en configuration définitive, est estimé à 21 millions d'euros. Pendant la durée des travaux des mesures seront prises afin que la circulation soit aussi fluide que possible et que les nuisances pour les riverains soient limitées.

Le choix du gouvernement bruxellois est aussi dicté par les développements prévus dans les environs du quartier Reyers, un quartier qui est répertorié comme l'un des 10 pôles de développement prioritaires de la Région bruxelloise.

Pascal Smet a par ailleurs rappelé que la Région bruxellois visait à terme un rétrécissement de la fin de l'autoroute E40 pour former une entrée de ville verdurisée avec moins de bandes de circulation. La préservation du viaduc Reyers dans un tel contexte constituerait "une erreur", a-t-il jugé.

Plus globalement, le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort a pour sa part insisté sur le caractère emblématique de ce dossier, pour le gouvernement bruxellois soucieux d'insufler une nouvelle dynamique au profit des habitants de la capitale.

Par sa décision de jeudi, le gouvernement bruxellois ouvre la chronique de la mort du deuxième des trois viaducs construits à Bruxelles depuis le milieu du siècle dernier.

Le premier à subir pareil sort fut le viaduc du boulevard Léopold II construit en vue de l'Exposition '58.

Il reste le viaduc Herrmann-Debroux à Auderghem contre la construction duquel s'est battu un certain Didier Gosuin, chef de file des FDF au gouvernement bruxellois, au début de sa carrière politique à l'échelon local et qui n'a jamais fait de secret de son souhait de voir disparaître à son tour ce qu'il considère comme une balafre coupant en deux cette commune du sud-est de la capitale.

Cet ouvrage ne sera pas démantelé d'ici la fin de la législature, ni avant la mise en exploitation du RER, mais l'étude du réaménagement de cette entrée de ville, au bout de l'E411 sera lancée dans les toutes prochaines années.


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