Large soutien à l'engagement de six F-16 belges contre l'EI en Irak

Le PTB-Go, qui ne dispose pas de suffisamment d'élus pour constituer un groupe parlementaire et est donc privé de droit de vote en commission, a émis un "non virtuel".

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Large soutien à l'engagement de six F-16 belges contre l'EI en Irak
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La Belgique va mettre six avions de combats F-16 à la disposition de la coalition internationale mise en place pour lutter contre les jihadistes de l'organisation Etat islamique (EI).

Deux commissions de la Chambre, celles des Relations extérieures et de la Défense, ont approuvé mercredi en fin d'après-midi à une large majorité une résolution autorisant le gouvernement en affaires courantes à engager six chasseurs-bombardiers F-16 dans la lutte contre les jihadistes de l'Etat islamique (EI) en Irak pour une durée initiale d'un mois, mais susceptible d'être prolongée. Cette résolution, qui doit être discutée et faire l'objet d'un vote vendredi après-midi en séance plénière de la Chambre, a été adoptée par 25 voix pour, aucune contre et deux absentions de la part des écologistes Benoît Hellings (Ecolo) et Wouter De Vriendt (Groen), a constaté l'agence BELGA.

Le PTB-Go, qui ne dispose pas de suffisamment d'élus pour constituer un groupe parlementaire et est donc privé de droit de vote en commission, a émis un "non virtuel". selon l'expression du député Marco Van Hees, qui devrait voter à l'identique vendredi. La plénière a été convoquée vendredi à 14h15, a indiqué le président de la Chambre, Patrick Dewael, à l'issue des débats.

La résolution, qui a fait l'objet de quelques amendements, "demande au gouvernement belge de participer pour la durée d'un mois activement à la lutte internationale contre l'IS (l'appellation anglaise de l'"Etat islamique en Irak") dans le respect de l'article 51, au chapitre sept, de la charte des Nations unies - qui autorise la légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un Etat-membre de l'ONU fait l'objet d'une agression armée.

Elle exprime aussi son soutien à la décision prise mercredi par le Conseil ministériel restreint d'engager six F-16 en Irak - mais si les avions, servis par quelque 120 militaires opéreront depuis une base aérienne située en Jordanie voisine, vraisemblablement aux côtés d'appareils néerlandais du même type - et "demande au gouvernement d'assurer au maximum la sécurité du personnel militaire belge engagé" dans cette opération encore sans nom.

Le texte demande aussi au gouvernement de continuer à garantir l'implication de la Chambre et de se réunir à nouveau si des circonstances nouvelles venaient à modifier la durée, la nature ou le territoire concerné par l'engagement belge. Les écologistes auraient souhaité une réunion d'information hebdomadaire sur le suivi de l'opération, mais cette proposition a été réjetée par une majorité des commissaires.

En début de séance, le ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V), avait annoncé que le Conseil ministériel restreint venait de donner son accord, à l'issue d'une procédure électronique, à l'engagement de F-16 contre l'EI (ou "Daech", l'une des appellations du groupe jihadiste en arabe), uniquement en Irak.

Cette décision fait suite à une demande formelle de Washington adressée mardi au Premier ministre Elio Di Rupo - actuellement à New York pour l'Assemblée générale de l'ONU - par l'ambassadrice des Etats-Unis à Bruxelles, Denise Campbell Bauer, a pour sa part indiqué le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders. Il a exclu tout déploiement de troupes belges au sol en Irak.

L'engagement opérationnel des F-16 sera limité au territoire irakien, a-t-il assuré, en invoquant comme base juridique la demande de soutien formulée par le gouvernement de Bagdad et la réunion vendredi dernier du Conseil de sécurité de l'ONU qui a exhorté la communauté internationale à "renforcer et étendre" son soutien à l'Irak dans sa lutte contre l'EI.

Selon M. De Crem, la première phase de l'opération consistera "à stopper l'avancée de l'EI", un groupe extrémiste sunnite qui a conquis de larges portions du territoire irakien et contrôle de vastes zones en Syrie, au moyen d'attaques aériennes ciblées. L'opération vise dans une seconde phase à "éliminer totalement la menace de l'EI", a-t-il ajouté.

M. De Crem a prévenu que l'opération pourrait être prolongée au delà du premier mois, après une évaluation, ce que souhaitaient les nationalistes de la N-VA.

La résolution n'évoque plus l'engagement un moment envisagé d'avions de transport C-130 "Hercules" - qui devraient toutefois être nécessaires pour le déploiement des chasseurs F-16 -, ni de forces spéciales pour former et assister les forces irakiennes ou les peshmergas kurdes. Mais le député Theo Francken (N-VA) n'a pas exclu que le futur gouvernement en cours de formation décide un tel élargissement de la participation belge à la coalition menée par les Etats-Unis.

La résolution adoptée mercredi demande enfin au gouvernement fédéral de prendre "les mesures qui s'imposent pour anticiper une possible augmentation de la menace (terroriste, ndlr) interne" à la suite de notre participation à la coalition internationale.


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