500 premiers jours de règne: Philippe n’a pas perdu le Nord

Mathieu Ladevèze

Philippe de Belgique a travaillé d’arrache-pied lors de ses 500 premiers jours de règne. Analyse avec le spécialiste de la monarchie Vincent Dujardin

Après 500 jours de règne, Philippe de Belgique affiche une activité officielle rarement atteinte dans l’histoire contemporaine de notre famille royale : 415 activités officielles dont de très nombreuses audiences, 18 voyages à l’étranger, 13 Joyeuses Entrées, 34 communes visitées…

L’historien de la monarchie Vincent Dujardin estime que "ces 500 premiers jours constituent une entrée en matière assez réussie. Et le peuple belge semble apprécier son action. Albert, qui avait un autre âge, n’a pu avoir le même degré d’investissement que son fils. Et s’il faut en croire les sondages, le peuple belge a plutôt une image positive de son activité".

Pour l’observateur avisé de l’UCL, la sympathie populaire de Philippe se répercute dans des sondages d’opinion de plus en plus favorables, dont un récent sondage mené par VTM : 70 % des Flamands lui font confiance. "Philippe a tout de suite pris en considération que l’un de ses défis était de ne pas perdre le nord du pays. Il a, par exemple, très rapidement répondu à l’invitation de Kris Peeters de rencontrer les entités fédérées. Même la Joyeuse Entrée mitigée à Anvers a finalement joué en sa faveur car nombre d’observateurs du Nord ont en fait estimé qu’il n’avait pas été reçu comme il aurait dû l’être."

Sur le fond, l’implication de Philippe contraste également avec le règne de son père. "Il prend plus volontiers la parole avec des discours empreints de messages mais qui restent prudents sur le plan politique. Meilleur exemple ? Son discours du trône, très bien accueilli au Nord comme au Sud, épousant d’emblée les habits de la fonction. Il pouvait légitimement y avoir des interrogations sur la réforme de l’État. Il a apporté des réponses très claires dès son premier jour de règne."

Un rythme de dingue, donc, qui ne l’empêche pas de rester un père de famille presque comme les autres. Chaque matin, il conduit ses enfants à l’école. Puis revient directement au palais vers 8 h 15 pour se plonger dans l’actualité du jour. Place ensuite aux audiences, vers 9 h généralement : 233 depuis le 21 juillet 2013 à raison d’une ou plusieurs par jour. La durée de ces audiences, toujours en colloque singulier, varie selon l’agenda de chacun et l’intérêt de la discussion : entre 5 minutes et une heure, nous confie-t-on. La rencontre avec Barack Obama a ainsi duré 25 minutes, celle avec le roi d’Espagne Felipe 40 minutes.

Philippe et Mathilde ont, par ailleurs, pris très peu de congé en 500 jours. Dix jours au total : une très médiatique semaine en famille sur l’île d’Yeu trois jours après leur intronisation puis un week-end à Chypre, en amoureux cette fois, au début du mois d’octobre. Un vrai forçât…



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