Belgique De nombreux secteurs tirent la langue à cause d’une météo capricieuse au printemps et en début d’été.

Les récoltes de céréales commencent à peine. Les rendements ne seront pas au rendez-vous cette année. En France, les rendements des récoltes sont 30 % plus faibles qu’en 2015 pour le blé.

En Wallonie, les pertes seront comparables. On estime les pertes de rendement à près de 30 %, selon les parcelles. "Les rendements sont très bas et la qualité est piètre. Il a fait trop humide au printemps et au début d’été. Ces conditions ont provoqué une forte verse (ndlr: accident de végétation), ce qui diminue fortement les rendements" , explique Alain Masure, directeur du service d’études à la Fédération Wallonne de l’Agriculture (FWA).

Comme si cela ne suffisait pas, les prix du blé sont relativement bas, à cause entre autres des bonnes récoltes dans la région de la mer Noire. "La cotation est basse pour le moment, 120 € pour la tonne. C’est le début de saison. Les prix sont généralement bas mais cette année, avec les rendements, il y aura un manque à gagner important pour le secteur."


Les fruiticulteurs et maraîchers n’ont pas la pêche

Décidément, ce printemps a posé problème à presque tous les secteurs de l’agriculture belge. En effet, pour les fruiticulteurs, 2016 restera un mauvais millésime.  "Les fruits et cultures de pleine terre ont souffert de la météo. Un hiver doux qui n’élimine pas les insectes a été suivi d’un printemps chaud et humide qui favorise les maladies et moisissures. Les maladies sont apparues très tôt cette année" , explique Anne Sluysmans, service communication à la fédération Wallonne Horticole (FWH).

Des maladies qui ont obligé de nombreux agriculteurs à investir dans des produits. Petit tour d’horizon des secteurs qui ont le plus souffert.

Les fraises : l’hiver n’a vraiment pas été assez froid. Les cultures ont vite été envahies.  "Ceux qui n’ont pas protéger leurs fruits ont fait de mauvaises récoltes."

Les pommes et les poires : les fruits sont toujours sur les arbres. Les récoltes commenceront en septembre. Pour les pommes, le temps fut trop nuageux au moment de la formation des fruits au mois de juin. Pour les poires, le problème a eu lieu au moment de la floraison. Les récoltes ne seront pas bonnes mais les prix ne devraient pas s’envoler.

Les cerises : ceux qui n’avaient pas couvert leurs fruits ont vécu une catastrophe.  "Les fortes pluies ont fait éclater les fruits" , explique-t-on à la FWH.

Les légumes :  "C’est la catastrophe générale, tout ce qui est en plein air a dû être ressemé. Les récoltes seront pour plus tard à des moins bons prix."


Seules les plantes ornementales ont aimé 2016

L’humidité et les pluies ont fait les affaires d’un secteur si l’on peut dire: les plantes ornementales.  " En ce qui concerne les plantes ornementales, le bilan est clairement moins noir que dans les autres secteurs,  analyse Anne Sluysmans de la FWH.  Mais on ne peut pas parler d’une bonne année non plus."  Voici pourquoi.

Tout d’abord, au niveau de la production, les conditions climatiques ont été relativement bonnes pour le développement des pousses.  "Tout ce qui est production en pépinière a été très bon cette année, en terme de rendement et de qualité."

Ensuite, c’est là que le bât blesse, c’est qu’au mois d’avril le ciel fut si gris et la météo si maussade que les gens ne se sont pas rués vers les jardineries et les magasins spécialisés pour profiter de leur jardin.  "Les ventes en jardinerie en avril, mois charnière, n’ont pas été bonnes" , conclut Anne Sluysmans.

En conclusion, la production fut à la hauteur des espérances mais les ventes n’ont pas suivi. L’année n’est pas finie, mais elle ne sera pas une grande année.


Le mildiou attaque nos patates

Une autre culture à qui la météo n’a pas fait du bien, c’est la pomme de terre.

L’hiver ayant été relativement doux, les parasites et nuisible n’ont pas été éliminés. Les maladies et champignons ont profité d’un printemps chaud et pluvieux pour se développer.  "Le mildiou, un champignon qui dévaste les cultures, a été présent dans les champs dès juin. Cela a engendré des frais supplémentaires pour lutter contre cette invasion" , prévient Alain Masure. Selon les estimations, les pertes liées au parasite seraient proches de 10 à 15 %.

"Mais on n’est pas encore à la période des récoltes. On peut encore espérer avoir un bon mois d’août qui pourrait sauver la saison" , espère-t-on à la FWA.


L’élevage se remet petit à petit mais 2016 ne sera pas brillante

Pour l’élevage, la situation s’améliore un tout petit peu, assure Alain Masure.  "Mais les prix ne sont toujours pas bons dans les secteurs porcins et bovins viandeux par exemple".

Le marché est très bas pour les porcs.  "Et pour le bœuf, ce n’est clairement pas Byzance non plus."  La situation du secteur est mauvaise depuis des années, les manifestations sporadiques le rappellent et 2016 ne sera pas l’année dorée tant espérée, même si, elle s’annonce meilleure que 2015.

Le secteur laitier connaît lui toujours la crise. Les prix ne remontent pas et la Commission européenne ne veut pas rétablir de quotas.