Un vide juridique permet à la police de "revendre" ses armes de guerre

Le conseiller de police Alain Kestemont (DéFI) a bien l’intention de faire rectifier le tir…

D. Ha.
- Action antiterroriste de la police contre la mouvance djihadiste: hausse du niveau de menace dans le pays - Inval van de politie tegen teruggekeerde Syriëstrijders: verhoging van het dreigingsniveau van 2 naar 3 voor het hele land * Siège de la Police fédérale (Rue Royale) / Hoofdzetel Federale Plitie (Koninklijkestraat) 16/1/2015 pict. by Didier Lebrun © Photo News
- Action antiterroriste de la police contre la mouvance djihadiste: hausse du niveau de menace dans le pays - Inval van de politie tegen teruggekeerde Syriëstrijders: verhoging van het dreigingsniveau van 2 naar 3 voor het hele land * Siège de la Police fédérale (Rue Royale) / Hoofdzetel Federale Plitie (Koninklijkestraat) 16/1/2015 pict. by Didier Lebrun © Photo News ©Photo News

Le conseiller de police Alain Kestemont (DéFI) a bien l’intention de faire rectifier le tir…

Le conseiller de police anderlechtois Alain Kestemont (DéFI) s’est récemment interrogé sur la légalité ( La DH du 23 juin) de la vente d’un lot d’armes collectives déclassées par la zone de police Bruxelles Midi (Anderlecht, Forest & Saint-Gilles) et il n’avait pas manqué de questionner cette dernière, estimant l’initiative malheureuse par les temps qui courent.

Contrairement à ce que l’armurier, qui a pu prendre possession de toutes ces armes policières, nous avait alors prétendu, à savoir qu’il n’était question que "d’une dizaine à quinzaine de carabines semi-automatiques", il y avait bel et bien des pistolets-mitrailleurs dans ce lot beaucoup plus important qu’annoncé…

Et pour cause, il s’agissait en réalité de pas moins de 546 armes déclassées : 8 pistolets-mitrailleurs Beretta 9 mm, 7 pistolets-mitrailleurs Uzi 9 mm, 9 fusils à pompe de calibre 12, 67 pistolets CZ75, 232 pistolets GP, 4 pistolets Jericho, 142 revolvers Smith&Wesson et 77 Sig Sauer 9 millimètres.

Tel est en effet le listing des plus précis qui a été fourni par la zone de police locale en réponse à la question écrite d’Alain Kestemont. Quant à savoir combien tout cela a pu lui rapporter... Ladite zone de police parle "d’une valorisation par échange à l’instar d’autres zones de police locales".

Comprenez par "valorisation" qu’elle n’a pas littéralement "vendu", mais échangé toutes ces armes collectives déclassées à un armurier agréé contre des kits qui lui permettent de transformer ses pistolets Glock 17 - les armes de service dont sont équipés ses policiers - en armes collectives.

Des kits ? "Il s’agit en réalité d’une petite carcasse que l’on adapte sur notre Glock afin de pouvoir le transformer en mini-fusil sur lequel on peut ajouter un laser ou une lampe torche par exemple", précise une source policière bien informée.

Si de telles procédures de "valorisation" ont également été utilisées par d’autres zones de police locales du pays, "celles-ci résultent uniquement d’un vide juridique dans la loi du 8 juin 2006 - appelée couramment loi sur les armes - réglant les activités économiques et individuelles avec des armes", comme le souligne l’homme fort des DéFI anderlechtois, Alain Kestemont.

Et de rappeler : "La loi limitant textuellement et donc exclusivement la vente aux seules armes individuelles et non aux armes collectives des zones de police locales, dont elle ne parle en aucun cas, ce qui leur permet de procéder à tels échanges."

Pour faire rectifier le tir, le conseiller de police Alain Kestemont annonce qu’il compte demander aux députés fédéraux de sa formation politique, Olivier Maingain et Véronique Caprasse, de déposer une proposition de loi visant à pallier le vide juridique dans la loi sur les armes.


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