Les profs wallons ne veulent pas travailler en Flandre

L’initiative mise en place pour rendre les enseignants plus mobiles fait un immense flop pour la deuxième année consécutive.

Romain Demoustier
Les profs wallons ne veulent pas travailler en Flandre
©BELGA

L’initiative mise en place pour rendre les enseignants plus mobiles fait un immense flop pour la deuxième année consécutive.

Encourager les enseignants à travailler de l’autre côté de la frontière linguistique, tel était le but d’une initiative lancée par la Région flamande, la Communauté germanophone et la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Mais voilà, l’idée a du plomb dans l’aile et les candidats sont loin de se bousculer. Les chiffres sont même carrément désastreux : un seul enseignant (flamand) était venu en Wallonie en 2015-2016; en 2016-2017, ils ne sont que deux (toujours flamands) à avoir sauté le pas.

Mais alors, comment expliquer un tel flop ? D’une part, il semble que le programme n’ait pas été assez largement diffusé auprès des enseignants. Un site a pourtant été mis en ligne en août 2015. Il est censé répertorier les offres insérées par les écoles. Mais après un bref coup d’œil hier, on se rend vite compte qu’aucune offre n’y est disponible.

Autre point négatif , il n’existe pas d’incitant financier pour les profs qui décideraient de quitter leur région. "Pour un enseignant francophone nommé à titre définitif, la perspective de travailler avec le même salaire dans l’enseignement flamand n’est peut-être pas vraiment incitative. À l’inverse, cela peut être plus intéressant pour le Flamand qui garde son salaire", avoue la ministre de l’Enseignement, Marie-Martine Schyns (CDH), en réponse à une question posée par le député libéral Jean-Luc Crucke.

Dernier point, plus structurel : "En Flandre, l’immersion en français est moins développée que l’immersion en anglais. La demande d’enseignants en français langue étrangère, nommés à titre définitif et intéressés par un tel échange, n’est donc pas très forte".

Mais malgré ces résultats désastreux, les communautés ne comptent pas baisser les bras. Trois mesures vont être mises en place pour faire la promotion du programme : une lettre consignée par les différents ministres sera envoyée aux directions. Des articles sur le sujet paraîtront dans la revue PROF (ainsi que dans son équivalent flamand KLAK) et des visites d’établissements seront organisées.


Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be