Il demande une peine légère contre des infos sur les terroristes

Julien Balboni
Justice
©BAUWERAERTS

Prévenu dans une affaire de recel, il dit avoir permis l’arrestation de l’homme qui a fait les faux papiers de Salah Abdeslam.

Hier, devant la 14e chambre de la cour d’appel de Bruxelles, Mouatassim M. était jugé en tant que membre d’une association de malfaiteurs qui se chargeait de receler des objets volés aux touristes en visite à Bruxelles pour les envoyer au Maroc.

Le 11 novembre 2015, Mouatassim M., connu des autorités pour trafic de documents, est interpellé par une zone de police locale, dans le cadre d’une enquête sur un bête vol de sac.

Contrôlé avec la somme de 4.525 euros, il explique aux enquêteurs que cette somme lui a été donnée par… la police fédérale ! Sans la présence d’un avocat, il dit être en contact avec "deux fédéraux" dont il donne le prénom et numéros de téléphone, qu’il renseigne dans le cadre d’un important trafic de faux documents.

Plus fort : il annonce que les informations qu’il a données à la police ont permis le démantèlement d’un important trafic. Pas n’importe lequel : il s’agit du réseau dit des faussaires de Saint-Gilles, jugé en ce moment devant le tribunal correctionnel pour des milliers de faux documents.

C’est ce même réseau qui a confectionné les fausses cartes d’identité de plusieurs terroristes tels que Salah Abdeslam et Khalid El Bakraoui, le kamikaze de la station Maelbeek.

C’est aussi cet atelier implanté rue Gustave Defnet à Saint-Gilles qui a créé les faux documents aux noms de Soufiane Kayal et Samir Bouzid, respectivement Najim Laachraoui et Mohamed Belkaid, responsables des attentats de Paris et Bruxelles. Bref, du gros poisson.

Mouatassim M. clame à qui veut l’entendre qu’il a permis l’identification et l’arrestation de Djamel Eddine Ouali, le technicien parmi les faussaires, qui se trouvait en Italie quand il a été arrêté, en mars 2016. Il dit que c’est grâce à lui qu’ont eu lieu les perquisitions du 11 octobre 2015, véritable coup de filet qui a mis fin aux activités du réseau de faussaires, si puissant qu’il inondait la planète entière de faux papiers.

Les informations du prévenu ont-elles permis à l’enquête sur les attentats de Paris de faire un pas de géant ? Son avocate Me Gallant l’affirme et regrette qu’en Belgique, la loi protège mal les informateurs, au contraire des indicateurs, souvent encodés, qui disparaissent des dossiers comme par magie.

Qu’en dit le ministère public ? L’avocat général ne croit pas une seconde en cette histoire et dit n’avoir reçu aucune information qui tend à admettre que Mouatassim M. est venu en aide à la justice. Il requiert la confirmation du premier jugement.

Condamné à 50 mois de prison lors du premier procès, pour recel, faux, blanchiment et chef d’une association de malfaiteurs, Mouatassim M. connaîtra son sort en janvier, tout comme les 14 membres jugés dans le cadre du réseau des faussaires de Saint-Gilles.

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