Service minimum à la SNCB: "Chaque député devra s'expliquer aux navetteurs" clame la CSC

"Chaque député qui a voté en faveur du projet de loi cette nuit va devoir s'expliquer devant les navetteurs, qui sont ces électeurs", estime vendredi matin Marianne Lerouge, responsable chemins de fer à la CSC-Transcom, alors que la Chambre a approuvé dans la nuit la garantie de continuité du service en cas de grève.

Belga
La Chambre a voté en faveur du service minimum à la SNCB
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"Chaque député qui a voté en faveur du projet de loi cette nuit va devoir s'expliquer devant les navetteurs, qui sont ces électeurs", estime vendredi matin Marianne Lerouge, responsable chemins de fer à la CSC-Transcom, alors que la Chambre a approuvé dans la nuit la garantie de continuité du service en cas de grève. 

Le syndicat le répète depuis longtemps, la mise en oeuvre d'un tel dispositif ne se fera pas, selon lui, sans chaos. Le point de vue du syndicat chrétien n'a pas changé au cours de la nuit, il estime toujours que ce projet de loi organisant la continuité du service dans les chemins de fer en cas de grève "n'est pas la priorité des voyageurs, mais uniquement du monde politique". "Cela ne va rien résoudre", affirme Mme Lerouge. "Cela ne règle pas le problème en amont: à savoir les trois milliards d'euros d'économies" imposés sur le rail. Le projet de loi ne régit en effet que les grèves préavisées, "alors que ce qui dérange, ce sont les arrêts de travail spontanés", provoqués selon la CSC, entre autres, par les conditions de travail imposées par les économies consenties.

Le syndicat estime toujours que la mise en oeuvre d'un tel dispositif se fera dans le chaos, au détriment des voyageurs. "Nous n'avons pas voulu être complices de ce projet 'idéologique'. A présent, chaque député qui a voté en faveur (du projet de loi, NDLR) va devoir s'expliquer devant les navetteurs, qui sont ses électeurs", conclut Marianne Lerouge.

Pour rappel, le texte voté dans la nuit de jeudi à vendredi majorité contre opposition, avec l'abstention du cdH et de Défi, impose un délai de préavis de huit jours avant la grève. Les agents dont la fonction est essentielle au service - les catégories concernées doivent encore être tranchées par les comités de direction - devront faire savoir 72 heures avant l'action s'ils y participent ou non. En fonction des effectifs disponibles, la SNCB et Infrabel organiseront le service ferroviaire et en communiqueront les modalités 24h à l'avance aux usagers. Les agents qui ne respecteraient pas leur engagement de travailler le jour de la grève s'exposent à une sanction disciplinaire.

Le service minimum approuvé cette nuit par la Chambre

La Chambre a approuvé jeudi le projet de loi qui organise la continuité du service dans les chemins de fer en cas de grève. La majorité a voté en faveur du texte, le cdH et Défi se sont abstenus tandis que les socialistes, les écologistes et le PTB ont voté contre.

Ce texte porté par le ministre de la Mobilité, François Bellot, concrétise l'un des engagements les plus controversés de la majorité fédérale. Il impose un délai de préavis de huit jours avant la grève. Les agents dont la fonction est essentielle au service devront faire savoir 72 heures avant l'action s'ils y participent ou non. En fonction des effectifs disponibles, la SNCB et Infrabel organiseront le service ferroviaire le jour de la grève, ligne par ligne, et en communiqueront les modalités aux usagers 24 heures avant celui-ci. Il ne s'agit pas en tant que tel d'un service minimum puisqu'il n'y pas de réquisition du personnel mais d'un "système sui generis".

Le gouvernement a repris la main au début de l'année dans ce dossier après l'échec de la concertation sociale. Le projet suscite toujours une vive controverse, qui s'est traduite dans un débat animé entre partis de gauche et de droite: d'un côté l'atteinte au droit de grève et la menace de chaos lorsque le dispositif sera mis en œuvre, de l'autre côté la garantie du droit d'aller travailler et la clarté offerte au voyageur qui saura si son train roule ou non.

Le vote au parlement ne clôt toutefois pas le dossier. Les comités de direction de la SNCB et d'Infrabel devront déterminer quelles sont les catégories de personnel indispensables à la circulation des trains après un avis du comité de pilotage, qui réunit direction et syndicats. Les agents qui ne respecteraient pas leur engagement de travailler le jour de la grève s'exposent à une sanction disciplinaire.

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