Attentat au Musée juif de Bruxelles: "Que la justice fasse son travail, nous continuons le nôtre"

Les dirigeants du Musée juif de Belgique n'attendent rien de particulier du procès de Mehdi Nemmouche, qui s'ouvrira début janvier devant la cour d'assises.

Belga
Attentat au Musée juif de Bruxelles: "Que la justice fasse son travail, nous continuons le nôtre"
©Alexis Haulot

Les dirigeants du Musée juif de Belgique n'attendent rien de particulier du procès de Mehdi Nemmouche, qui s'ouvrira début janvier devant la cour d'assises. 

"Il est essentiel de ne pas se laisser abattre face à la terreur, de continuer à travailler. D'accueillir, de jouer un rôle comme espace d'échange interculturel et de dialogue", a souligné sa directrice Pascale Falek-Alhadeff lors d'une interview accordée vendredi à l'agence Belga.

"Le procès est très attendu mais nous, nous attendons seulement que la justice, en laquelle nous avons pleinement confiance, fasse son travail. Le nôtre, il est d'ordre culturel, pédagogique et patrimonial. On le mène avec énormément de force et on ne va pas se laisser abattre", assure Mme Falek-Alhadeff.

Même si l'institution ne peut se départir des faits survenus le 24 mai 2014, elle ne veut pas être enfermée dans une étiquette de "lieu de pèlerinage". Certains visiteurs évoquent l'attaque mais les plus jeunes, par exemple, n'y pensent pas, constate la directrice. "Il y a aussi eu d'autres attentats à Bruxelles, qui ont fait d'autres victimes et avec lesquelles nous collaborons parfois."

Le musée, qui a accueilli 85.000 personnes depuis les faits, a évidemment été amené à adapter son dispositif de sécurité. "On a pris les mesures nécessaires pour qu'un tel événement ne puisse plus se produire, en concertation avec les autorités. Mais les visiteurs y sont habitués, ce sont des mesures qui sont d'application dans les aéroports, dans les autres musées... Quand on arrive le matin, nous avons tellement de choses à faire qu'on en oublie qu'il y a un sas."

L'institution "a repris ses activités de plus belle, en hommage aux quatre victimes" de l'attentat, insiste Mme Falek-Alhadeff. "Nous travaillons pour offrir une expérience particulière aux visiteurs, de tout âge et qui viennent de toute la Belgique comme de l'étranger. Nous ne voulons pas être un endroit poussiéreux et réservé à une élite. Il y a souvent une barrière pour entrer dans un musée; ici, elle est double parce que c'est un musée juif. C'est à nous d'ouvrir les portes pour convaincre un public large et diversifié. Avec notre travail, nous nous efforçons de faire rayonner Bruxelles et ses institutions culturelles auprès du plus grand nombre."

À ce titre, les thèmes évoqués par le musée sont très actuels, contrairement à ce que certains pourraient imaginer, ajoute la directrice. "Après une exposition sur l'immigration à Bruxelles, la nouvelle est consacrée au photographe américain Leonard Freed, dont les clichés évoquent l'autorité, le rôle supposé protecteur de la police, mais aussi l'histoire de l'Europe. On veut faire réfléchir, que les gens repartent avec des questions plein la tête. Et au travers de nos choix qui interrogent, donner du sens pour essayer de construire une société meilleure."

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