Semaine de l’info constructive: le plastique banni de la grande distribution

Les enseignes multiplient les initiatives et les innovations pour éviter au maximum l’utilisation du plastique.

Semaine de l’info constructive: le plastique banni de la grande distribution
©BELGA

Les enseignes multiplient les initiatives et les innovations pour éviter au maximum l’utilisation du plastique. Dans la grande distribution, la chasse au plastique est un défi autant qu’une priorité. Chez Carrefour, par exemple, la stratégie Act for Food rassemble pas moins de dix-neuf actes dont trois sont focalisés sur les emballages de la marque propre de Carrefour : lutter activement contre le plastique, réduire les emballages des produits et aller vers 100 % d’emballages recyclables pour les produits Carrefour en 2025.

"En matière de plastique, nous sommes conscients que nous faisons également partie du problème et nous faisons en sorte d’y apporter une solution concrète", annonce de son côté Xavier Piesvaux, CEO de Delhaize. Un vaste plan visant à la neutralité plastique a ainsi été lancé. "Delhaize a notamment été la première enseigne de la grande distribution alimentaire à avoir supprimé, il y a dix ans, les sacs à usage unique aux caisses et à avoir proposé des sacs réutilisables en coton fairtrade dans ses rayons fruits et légumes comme alternative."

Delhaize s’est fixé cinq ambitions fortes : bannir les produits en plastique à usage unique de ses magasins d’ici 2020, supprimer les sacs en plastique servant à emballer les produits en vrac ou disponibles aux caisses de ses supermarchés, utiliser des emballages rPET pour 50 % de ses emballages de boissons d’ici 2025, adopter des matériaux réutilisables ou recyclables pour tous ses emballages et enfin réduire le plastique de 25 % d’ici 2025.

Au rayon fruits et légumes, l’enseigne au Lion propose désormais deux solutions : le sac en coton bio et le sachet en papier. Dans dix supermarchés test, Delhaize achète la majorité des fruits et légumes en vrac et les propose de la même façon à ses clients, comme au marché. "De la sorte, nous supprimons en moyenne 12 tonnes de plastique par supermarché sur une année. Un programme qui se déploie depuis septembre dernier au fur et à mesure dans les autres supermarchés Delhaize et affiliés."

Carrefour a aussi beaucoup misé sur les innovations. Grâce au skinpack, un emballage particulièrement fin, le produit est emballé sous vide pour préserver sa fraîcheur et sa qualité. Pour le saumon fumé, emballé dans un skinpack, l’économie en plastique s’élève à 2,4 tonnes par an. Le remplacement de la barquette plastique de la gamme de champignons Carrefour par du carton bio, c’est aussi 3 tonnes de plastiques économisées par an. Quant aux shakers de légumes snacking, l’économie est encore plus importante : 40 tonnes par an.

Carrefour a aussi banni la vaisselle à usage unique en plastique, ainsi que les pailles, soit 55 tonnes de plastique en moins par an.

Colruyt n’est pas en reste, même si l’enseigne reconnaît qu’"éradiquer totalement le plastique n’est pas envisageable pour l’instant. Mais, d’ici 2025, 100 % de tous nos emballages seront réutilisables, recyclables, compostables ou biodégradables".

Depuis des années, les sacs ont disparu des caisses chez Colruyt. "Il n’y a même jamais eu de sacs de caisse. Les clients ont le choix d’opter pour des cartons récupérés en rayons ou des possibilités réutilisables telles que nos caisses en plastique pliable ou en carton recyclé. Nos fruits et légumes sont de préférence proposés en vrac."

Le 9 octobre, Colruyt a lancé une alternative au sac plastique de ce rayon, réutilisable plus de 100 fois. "Cette suppression nous permettra une économie de quelque 630 tonnes de plastique par an. Les emballages pour les pommes de terre ou les bouteilles d’eau Boni Selection sont constitués en partie de plastique recyclé, ce qui représente une économie de 50 tonnes par an. Quant aux autocollants sur les fruits et légumes, nous avons demandé à nos fournisseurs de les supprimer ou, si ce n’est pas possible, de les remplacer par une alternative compostable. Cela représente une économie de plastique de 34,5 tonnes sur base annuelle."

Un gros effort a aussi été réalisé sur les barquettes de charcuterie, désormais recyclables, soit une économie de 130 tonnes par an.

Il reste quelques obstacles

Supprimer totalement le plastique dans la grande distribution n’est pas encore possible.

Si le plastique est toujours utilisé dans la grande distribution, c’est avant tout car il assure des fonctions que d’autres matériaux ne permettent pas encore. "Certains produits viennent de loin et doivent, à un certain moment de l’année, être emballés afin de préserver leurs qualités nutritionnelles et leur durée de conservation. Par exemple, les aubergines, concombres et brocolis d’Espagne doivent être emballés de novembre à mars. Cela permet aussi de lutter contre le gaspillage alimentaire. Un concombre emballé à une durée de vie supérieure à onze jours", explique-t-on chez Colruyt.

Par ailleurs, "selon la législation, les produits bio doivent être clairement séparés des fruits et légumes conventionnels pour éviter tout risque de contamination. Nous avons opté pour un emballage du plus petit volume, soit les fruits et légumes."

Chez Delhaize, la stratégie est la même. "Cela peut paraître aberrant ou incompréhensible d’utiliser du plastique pour emballer des fruits ou légumes bio, mais cela permet d’éviter la contamination. Si on emballait les fruits et légumes conventionnels, on devrait utiliser bien plus de plastique."

Chez Carrefour, on confirme également utiliser le plastique, dans l’attente d’autres solutions pour des questions de valeur ajoutée. "Le plastique permet de prolonger la conservation et de garantir la qualité du produit, sans quoi les pertes seraient encore plus importantes car elles généreraient du gaspillage contre lequel nous luttons également très activement."

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