Coronavirus: assez de recommandations, il faut passer à l'acte !

A force d’avis et de mesurettes, nos politiciens répètent les erreurs de l’Italie, de l’Espagne, de la France... Le temps de l'action est venu. Celui de faire passer les intérêts de la santé publique avant ceux de l'économie.

Coronavirus: assez de recommandations, il faut passer à l'acte !
©BELGA/IPM

A force d’avis et de mesurettes, nos politiciens répètent les erreurs de l’Italie, de l’Espagne, de la France... Le temps de l'action est venu. Celui de faire passer les intérêts de la santé publique avant ceux de l'économie.

L’Italie, frappée de plein fouet par le coronavirus a finalement dû se résoudre à prendre des mesures drastiques. Le virus, se propageant à vitesse grand V dans tout le pays, semble hors de contrôle. Le gouvernement a donc pris les mesures les plus difficiles en faisant passer la santé au-delà des intérêts économiques. Après avoir décidé, progressivement, d’annuler toutes les manifestations et événements, après avoir confiné plusieurs régions durement touchées, c’est tout le pays qui a été mis à l’arrêt.

“Nous fermons les commerces”, a résumé le chef du gouvernement qui, seulement deux jours plus tôt, avait déjà placé l’Italie en “zone protégée”, imposant des restrictions à la liberté de circulation et une interdiction de rassemblement à tout le pays. Une mesure cohérente dans la mesure où recommander aux gens de rester chez eux en maintenant les commerces ouverts n’avait aucun sens. Une mesure courageuse aussi, au nom de la santé publique.

Espagne: bis repetita

L’Espagne semble sur le même chemin que l’Italie, sans en avoir appris les leçons. Le pays voit désormais les cas se multiplier de jour en jour et la liste des morts s’allonger. Après avoir gardé l’optimisme lors de l’annonce des premiers cas, le gouvernement a dû se résoudre à reconnaître l’ampleur de l’épidémie. Là aussi, on a l’impression que la réaction des autorités est arrivée… un peu tard, laissant même la manifestation pour le droit des femmes se dérouler normalement dimanche dernier (12 000 personnes s’étaient rassemblées). Depuis, des mesures ont enfin été prises : suppression des vols de et vers l’Italie, écoles fermées à Madrid, annulations des événements et rencontres sportives, etc. Mais cela ne sera probablement pas suffisant et un scénario à l’italienne semble aussi se profiler pour les Espagnols.

La situation est grave et les déclarations de Fernando Simón, du ministère de la Santé, en donnent toute la mesure. “Si tout va bien, ça devrait durer encore un mois et demi, deux mois au plus, mais cela pourrait, aussi, peut-être durer deux, trois ou quatre mois dans le pire des cas.”

La France traîne aussi...

Plus près de chez nous encore, les Français n'ont pas été parmi les plus entreprenants au départ. À force de mesures timides, puis de plus en plus fermes, le pays se prépare désormais au pire. “Le plus dur est devant nous”, prévenait d’ailleurs mercredi matin le professeur Jean-François Delfraissy, président du comité national d’éthique. Depuis deux jours, alors que le stade 3 semble désormais inévitable, le politique essaie par tous les moyens de se montrer rassurant, d’éviter un lockdown à l’italienne et répète que la tenue des élections municipales n’est pas menacée. Une attitude de report criante des mesures les plus impactantes pour la vie des citoyens et l’économie du pays. Et pourtant, après avoir rappelé que l’Italie avait été la première nation en Europe à avoir été touchée par l’épidémie, Matteo Renzi estime que “ce qu’il s’est passé en Italie” va “devenir la nouvelle règle dans toute l’Europe”. Un constat alarmant pour la France qui “ne doit pas faire les mêmes erreurs que l’Italie”, selon l’ancien Premier ministre italien. “Vous ne devez pas perdre de temps” pour prendre des mesures radicales contre la pandémie, ajoute-t-il.

Même Trump s’y met!

Le scénario n’est guère différent en Allemagne, où la Chancelière Angela Merkel a pris la parole pour la premier fois mercredi, annonçant que “mettre fin” à la propagation du coronavirus passait “en premier”, avant le respect des règles budgétaires. De l’autre côté de l’Atlantique, Donald Trump dont on sait toute l’énergie qu’il déploie à éviter qu’une quelconque décision ne pèse sur l’économie n’a pas hésité, lui, à mettre toute l’Europe en quarantaine en interdisant les vols de et vers le Vieux Continent pour une durée de 30 jours.

Les dirigeants du monde entier semblent enfin prendre la mesure de l’importance de l’enjeu : il faut faire passer la santé avant l’économie. Au-delà de la propagation exponentielle du virus, une saturation des hôpitaux serait catastrophique. Au point d’en arriver à ne plus pouvoir soigner les malades, comme c’est le cas en Italie qui doit faire des choix inhumains entre sauver la vie d’un patient ou celle d’un autre.

Et la Belgique?

Nos dirigeants se veulent rassurants et pour le moins timorés dans leurs décisions. Et pourtant, qu’est-ce qui nous différencie de nos voisins ? Comment, en se contentant d’avis et en laissant aux entités régionales ou à tout un chacun (fédérations sportives, scouts, entreprises, particuliers,…) le soin de prendre ses responsabilités, peut-on assurer que nous ne vivrons pas, nous aussi, ce qui frappe aujourd’hui l’Italie ? La France, l’Espagne, l’Allemagne… autant de pays qui, eux aussi, croyaient pouvoir juguler le phénomène, se retrouvent souvent devant l’urgence de prendre des mesures drastiques. Tôt ou tard, chaque État confronté à l’explosion des cas s’y résout. Et pourtant, en santé plus encore que dans d’autres domaines, il vaut toujours mieux prévenir que guérir. Ne faut-il dès lors pas avoir le courage d’anticiper et agir fermement, quitte à devoir en supporter les conséquences qui, certes, peuvent être lourdes sur le plan économique et même personnel pour de nombreux ménages. La balle est dans le camp du politique. Encore faut-il qu’il s’accorde entre les différents niveaux de pouvoirs car c’est précisément ce qui a aussi joué en défaveur des Italiens, où le système de santé est… régionalisé. "C’est une erreur incroyable […] d’avoir 20 différents niveaux régionaux de santé”, a commenté Matteo Renzi. De quoi faire réfléchir au niveau belge également…

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