"Business de la paresse", "Boum! Boum!","Il rêve d'un Cuba à la mer du Nord": la presse belge réagit après les propos de Paul Magnette sur l'e-commerce

Dans les colonnes de Humo, ce lundi, Paul Magnette a affirmé qu'il serait souhaitable de sortir de l'e-commerce: "Faisons de la Belgique un pays sans commerce électronique, avec de vrais magasins et des villes animées". Une sortie pour le moins polémique qui a fait réagir. Voici une revue de presse au lendemain de cette déclaration.

"Business de la paresse", "Boum! Boum!","Il rêve d'un Cuba à la mer du Nord": la presse belge réagit après les propos de Paul Magnette sur l'e-commerce
©BELGA

Ce vendredi, le Conseil des ministres se concertera sur la réforme de l'emploi sur laquelle la Vivaldi s'était déjà prononcée en octobre dernier. A quelques jours de cette réunion, la sortie de Paul Magnette n'est donc pas passée inaperçue.

Les médias belges sont mitigés face à cette déclaration du président du PS et ne comprennent pas tous les arguments avancés. Précisons qu'entretemps, le président du PS est revenu sur ses déclarations, qu'il a tenu à clarifier ce mardi.

Un Paul Magnette "dépassé", "choquant" et "rêveur"

Ainsi, pour Le Soir, les propos de Magnette sont jugés comme excessifs et même choquants: "Quand une personne intelligente professe un propos (très) excessif, le choc est double. Par ce qui est dit et parce que c'est elle qui l'exprime. Les propos de Paul Magnette repris dans Humo ont donc choqué deux fois", avance-t-on. 'Que la Belgique devienne un pays sans e-commerce, avec de vrais magasins et des villes animées.' Boum ! Boum !".

Même son de cloche du côté flamand dans De Morgen où Paul Magnette est présenté comme un doux rêveur qui ne vivrait pas avec son temps: "S'il rêve d'un Cuba à la mer du Nord, le développement économique lui ne s'arrête pas. S'il ne souhaite pas que les colis soient emballés à Charleroi ou Hasselt, ils le seront à Maastricht ou Aix-la-Chapelle." Le Vif/L'Express appuie également sur cet élément: "Ce qu'il veut supprimer, c'est ces livraisons en 24 heures chrono qui nécessitent d'avoir des entrepôts à proximité de nos frontières. Le problème, c'est que Paul Magnette n'a pas saisi qu'il s'agit d'un nouveau business. Celui de la flemme, de la paresse . Pour les citoyens, se faire livrer à domicile est devenu un réflexe, stimulé d'ailleurs par les confinements. Tout est fait aujourd'hui pour qu'on ne fasse aucun effort ou le moins possible."

L'e-commerce, un secteur bien ancré en Belgique

Nos confrères de Sudinfo tentent pour leur part de nuancer les propos de Paul Magnette: "Ce qu'il ne veut pas voir, c'est un modèle économique à la Amazon, avec de grands entrepôts où les travailleurs seraient soumis à des conditions dignes du XIXe siècle. Il s'oppose à un modèle qui appauvrit les travailleurs, le commerce local et les petits indépendants."

L'Echo démonte cependant de son côté ces arguments avancés par le président du PS: "L'e-commerce est-il l'apanage des mastodontes américains et chinois ? Pas vraiment. En Belgique, quatre des cinq plus grosses entreprises sur ce segment étaient européennes en 2020: Coolblue, Bol.com, Zalando et Veepee. Amazon se situait seulement à la quatrième place de ce marché pesant plus de 11 milliards d'euros chez nous", détaillent nos confrères. "L'argument de la défense des petits indépendants ne tient pas non plus à l'épreuve d'un autre chiffre: 98% des sociétés d'e-commerce actives en Belgique ont moins de cinq employés et leurs gérants sont pour 80% d'entre eux déclarés comme indépendants. Enfin, selon les chiffres du cabinet Retis, le secteur représentait pas moins de 11.000 emplois directs en Belgique fin 2020. Un chiffre auquel il convient de rajouter les emplois indirects: collaborateurs freelance, prestataires externes et travailleurs dans la logistique, mais pour lesquels il n'existe pas de données", conclut le quotidien.

De Standaard regrette pour sa part un nouveau raté au sein du gouvernement: "Maintenant que le président du PS, Paul Magnette, crache sur le commerce électronique, les querelles au sein de la Vivaldi atteignent des sommets. Après l'accord sur le pouvoir d'achat, l'accord sur le travail a perdu tout son éclat avant même d'être conclu."

Le mot de la fin revient cependant au Morgen qui voit le bon côté de ces tensions: "La bonne nouvelle à retenir aujourd'hui, c'est que quand le PS et le MR s'étripent sur le travail de nuit, c'est que la crise du COVID touche à sa fin. Elle n'est pas belle la vie?"

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