Budget Défense à 2% du PIB en 2035: le MR soutient, le PS n'a pas d'urgence à se prononcer

La proposition du Premier ministre Alexander De Croo d'engager la Belgique, au sommet de l'Otan de juin prochain, à porter ses dépenses de défense à 2% de son PIB d'ici 2035 a reçu jeudi le soutien du MR mais pas celui du PS.

Budget Défense à 2% du PIB en 2035: le MR soutient, le PS n'a pas d'urgence à se prononcer
©JEAN LUC FLEMAL

"Alexander De Croo a compris les enjeux internationaux en matière de défense", a réagi le président du MR, Georges-Louis Bouchez. "Il faut augmenter nos dépenses militaires afin d'être des partenaires fiables au sein de l'Otan, dont l'importance n'est pas à prouver en ces temps troublés. Stop à l'angélisme", a tweeté le libéral.

Il exprimait cette position après le rejet ferme, par Ecolo et Groen jeudi dans la presse, de cette proposition que le Premier ministre avait formulée vendredi dernier en comité ministériel restreint ("kern"), en vue du sommet de l'Otan prévu les 29 et 30 juin à Madrid.

Selon cette hypothèse de travail, aucun nouvel effort ne serait demandé jusqu'en 2024, fin de la législature. Par contre, les dépenses militaires passeraient à 1,6% du PIB (Produit intérieur brut) en 2030, puis 1,8% en 2033 et 2% - soit la norme Otan - en 2035.

Interrogé à son tour, le PS n'a dit voir "aucune urgence" à se prononcer au-delà de 2030, échéance de la trajectoire budgétaire actuelle de la Défense. Celle-ci prévoit déjà 10 milliards d'ici 2030, dit-il, plus un budget décidé récemment d'un milliard supplémentaire réparti sur les trois dernières années de la législature, en raison de la guerre en Ukraine.

"Cela permet, sous l'impulsion de la ministre (de la Défense, Ludivine) Dedonder (PS), un réinvestissement massif d'abord pour le personnel, mais aussi dans le matériel et les infrastructures. Ce sont des montants véritablement historiques pour la Défense, longtemps soumise aux restrictions budgétaires. La priorité actuelle est l'exécution de loi de programmation afin de continuer à concrétiser ces avancées, tout en restant attentif à l'évolution du contexte international", commentait-on au boulevard de l'Empereur.

La ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), a abondé dans le même sens, affirmant, dans une déclaration à l'agence Belga, que sa priorité était la mise en oeuvre du plan STAR (pour "Sécurité, Technologie, Ambition, Résilience") approuvé fin janvier par le gouvernement et qui prévoit une trajectoire de croissance budgétaire pour le département, avec l'objectif d'atteindre en 2030 des dépenses militaires de 6,9 milliards d'euros - contre 4,2 cette année - soit 1,54% du PIB, là où l'Otan réclame de ses membres qu'ils y tendent vers les 2% en 2024.

"La situation géopolitique et la guerre en Ukraine continuent de nous préoccuper tous, citoyens et responsables politiques. C'est pour cela que je continue d'avancer à la mise en oeuvre du plan STAR. C'est ma première priorité, celui-ci est indispensable pour reconstruire ce qui a été délaissé et ensuite consolider notre Défense", a-t-elle précisé.

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