Sans nouvelles mesures, déficit et dette publique de la Belgique vont repartir à la hausse

A politiques inchangées, les déficits publics vont à nouveau se creuser à partir de 2023 et la dette publique belge repartir à la hausse, cette dernière risquant de dépasser en 2026 son pic de 2020, avertit le Bureau fédéral du Plan dans ses dernières perspectives économiques à moyen terme (2022-2027) publiées vendredi.

Sans nouvelles mesures, déficit et dette publique de la Belgique vont repartir à la hausse
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Après avoir atteint 9,1% du produit intérieur brut (PIB), du jamais-vu dans un passé récent, du fait de la pandémie, le déficit public de la Belgique a reflué à 5,5% du PIB en 2021, notamment grâce au rebond de l'économie. Il devrait à nouveau se résorber quelque peu et atteindre 4,7% du PIB en 2022 mais cette réduction ne se poursuivrait pas au-delà à politique inchangée et le déficit resterait proche de 5% durant les cinq années suivantes. Cela s'explique par les coûts des inondations de 2021, la gestion du Covid, les mesures de soutien au pouvoir d'achat mais aussi par les coûts consécutifs à la guerre en Ukraine et à l'accueil des réfugiés. L'inflation galopante pèse également sur les dépenses publiques. Il y a encore le coût du vieillissement de la population et la remontée des taux d'intérêts, laquelle va alourdir les charges d'intérêt de la dette belge.

Cette dernière a atteint 113% du PIB l'an dernier et devrait revenir à 104% du PIB cette année mais repartirait à la hausse dès 2023 sans nouvelles mesures. En 2026, le niveau d'endettement de la Belgique dépasserait même son pic de 2020. "Cette hausse de l'endettement, combinée à la remontée des taux d'intérêt (le taux du marché à 10 ans pour les emprunts fédéraux, encore négatif en 2021, monterait à 2,4 % à l'horizon 2027), mettra fin à trois décennies de baisse ininterrompue du poids des charges d'intérêts", selon le Bureau du Plan, pour qui "la concrétisation des efforts budgétaires prévus dans le programme de stabilité de la Belgique d'avril 2022 ne sera pas suffisante pour ramener le déficit public à la valeur de référence de 3% du PIB à l'horizon 2025, ni pour stabiliser le taux d'endettement".

Le Bureau du Plan table par ailleurs sur un scénario "d'atterrissage en douceur de l'économie belge" après le rebond post-pandémie de 2021, même si ce scénario est soumis à d'importantes incertitudes. Le PIB augmenterait de 2,6% cette année contre 6,2% l'an dernier.

Les créations d'emplois resteraient proches de leur tendance historique. Après les 86.000 emplois supplémentaires en 2021, un niveau exceptionnel, 2022 sera encore caractérisée par une progression importante de l'emploi (+67.000). Le ralentissement de l'activité économique se refléterait en 2023 par des créations nettes d'emploi bien plus modestes (+22.000). Parallèlement, le taux d'emploi progresserait, mais lentement, pour atteindre 73,5% en 2027, loin de l'objectif de 80% du gouvernement fédéral.

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