La Vivaldi sur le grill: un barbecue sous haute tension avant la reprise des hostilités

L’ensemble du Conseil des ministres était invité vendredi chez De Croo pour un barbecue prévu de longue date.

La Vivaldi sur le grill: un barbecue sous haute tension avant la reprise des hostilités
©BELGA

Le barbecue de cessation des hostilités. C'était ainsi que se profilait la soirée organisée chez le Premier ministre Alexander De Croo, dans la paisible commune flamande de Brakel. Après les houleuses discussions sur les pensions mais également sur une série de dossiers crispants, cet événement prévu de longue date pour l'ensemble du Conseil des ministres, secrétaires d'État inclus, avait le goût d'une trêve de courte durée. "J'espère que le vin et la bonne viande vont faire du bien", avait souhaité de bon matin Egbert Lachaert, président de l'Open VLD, le parti du Premier.

Si la météo s'est montrée clémente et l'apéro accommodant, il s'est avéré que certains plats sur le gril n'étaient pas faciles à avaler. On parle ici des dossiers qui agitent la Vivaldi depuis un certain temps et qui resteront indigestes dans les prochains jours. Il y a d'abord le dossier "Pensions" démarré jeudi matin avec une attaque du camp libéral. Pointée par la secrétaire d'État en charge du Budget Eva De Bleeker (Open VLD) pour la lenteur de sa réforme, la ministre des Pensions Karine Lalieux (PS) a répliqué avec des menaces. Si l'on tire un trait sur la revalorisation des pensions et l'indexation, ce sera sans elle et les socialistes. Une menace qui a failli être mise à exécution en soirée. Lors du kern de jeudi, la ministre était à deux doigts de claquer la porte, nous revient-il. De l'avis de tous les participants, le dossier des pensions est complexe et surtout révélateur du clivage gauche-droite qui traverse les sept partis de la Vivaldi. "Le dialogue est intact mais ça ne se règle pas aussi simplement", observe un proche du dossier. "On est clairement dans une opposition de vision entre partis conservateurs et partis plus progressistes", souligne une autre source. Les négociations reprendront samedi, avec une attention particulière sur le statut des femmes et des familles monoparentales. Mais il n'est pas sûr qu'elles aboutiront ce week-end, nous informe-t-on…

Les pensions n'étaient toutefois pas l'unique point de tension laissé en suspens le temps de la soirée. Les 19 membres de la Vivaldi traînent par exemple encore le boulet énergétique. Pour rappel, Georges-Louis Bouchez, président du MR, a récemment lancé un ultimatum à Tinne Van der Straeten, ministre Groen de l'Énergie : "Si elle n'arrive pas à un accord avec Engie d'ici début juillet, nous considérerons qu'elle n'est plus en charge du dossier." Il se dit en interne qu'un accord pourrait être trouvé avant les vacances parlementaires qui débutent le 21 juillet.

Au menu des dissensions figurent également la réforme fiscale (à laquelle plus grand monde ne croit encore), la révision de la loi de 1996 sur la marge salariale, la crise de l’accueil des migrants (les centres bruxellois sont dans un état critique) ou encore la poursuite de la réforme du marché de l’emploi. Le tout sur fond d’inflation à un taux historiquement élevé (le plus haut depuis 1982).

De l'extérieur, ces dossiers qui cristallisent les tensions donnent l'impression que le gouvernement est perpétuellement proche d'un point de rupture. À l'intérieur, on relativise. "Humainement, les gens s'entendent bien. Avec sept partis autour de la table, il est normal d'être en désaccord. On n'a jamais vu un gouvernement où on ne s'engueule pas. Même avec seulement deux personnes autour de la table, il y a des engueulades."

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