"Un innocent est en prison dans des conditions effroyables": la libération d'un Tournaisien au coeur d'un débat parlementaire

Depuis février 2022, un Tournaisien est détenu dans la prison d'Evin à Téhéran. Il se retrouve aujourd'hui au centre du débat de la commission des Relations extérieures de la Chambre.

"Un innocent est en prison dans des conditions effroyables": la libération d'un Tournaisien au coeur d'un débat parlementaire
©D.R.

Olivier Vandecasteele, citoyen belge, est incarcéré dans une prison à Téhéran (Iran) depuis le 24 février. Le chef d’inculpation ? Aucun. Selon la diplomatie belge, "les autorités iraniennes n’ont donné aucune raison valable qui tienne juridiquement".

Depuis l’arrestation du Belge, les Affaires étrangères négocient sa libération avec les autorités iraniennes. Sans succès pour le moment. Côté iranien, on exige la libération d'Assadollah Assadi en échange. Assadi est un agent du renseignement iranien agissant sous couverture diplomatique et condamné pour avoir projeté un attentat envers un rassemblement d’opposants au régime de Téhéran. C'était le 30 juin 2018 à Villepinte, près de Paris. L’Iranien a été remis aux autorités belges en octobre 2018.

Une décision politique doit être prise. Et en Belgique, un tel échange doit reposer sur une base légale. Un projet de traité belgo-iranien est donc débattu ce mardi en urgence en commission des Relations extérieures de la Chambre.

Outre Olivier Vandecasteele, un accord pourrait également permettre la libération du professeur invité de la VUB, Ahmadreza Djalali. Cet universitaire suédo-iranien a été condamné à mort en 2017 pour "espionnage".

“Tout faire pour libérer un innocent”

Olivier Vandecasteele est un humanitaire qui connaît bien la région. Il a travaillé de nombreuses années sur le sol afghan avant de devenir en 2015 Country Director pour différentes ONG en Iran.

À 5000 kilomètres de la prison d'Evin, les proches d'Olivier Vandecasteele s'affairent pour le sortir de là. Depuis son arrestation, ils n'ont pu avoir qu'un seul contact avec lui. C'est son meilleur ami, Olivier Van Steirtegem, qui prend la parole pour la famille. "Cet appel avec la famille, au mois de mars, était évidemment enregistré et surveillé par les autorités iraniennes. Tant Olivier que ses proches étaient totalement submergés par l'émotion. C'était l'incompréhension générale", explique l'ami de l'otage. "Il a raconté ses conditions de détention. Il est à l'isolement avec la lumière allumée en permanence. A cette époque-là, il n'avait aucun mobilier, même pas un lit. Pour la nourriture, il devait se contenter de pommes de terre, de lentilles et de sucre." Depuis son arrestation, Olivier Vandecasteele est soumis à des interrogatoires quotidiens dont il ne comprend pas le sens des questions.

Les proches sont en contact régulier avec les Affaires étrangères. "Ils font preuve d'une immense empathie. Ils comprennent totalement que c'est un innocent qui se trouve en prison. Ils essaient de comprendre les charges qui pèsent contre Olivier, demandent instamment sa libération et l'amélioration de ses conditions de détention", détaille Olivier Van Steirtegem. Pour le moment les autorités belges n'ont eu droit qu'à deux visites consulaires auprès d'Olivier Vandecasteele.

Une décision politique

Selon la famille, cette détention arbitraire est utilisée comme monnaie d’échange par la République islamique d’Iran qui réclame le transfèrement d’un homme condamné pour avoir été le cerveau d’un projet d'attentat. Il y a des vies en jeu, et la décision politique est délicate.

Auprès de La Libre, le proche d'Olivier Vandecasteele explique être complètement dépassé par les débats qui se déroulent actuellement en commission des Relations extérieures de la Chambre. "Personnellement, je le vois comme le fils de ses parents, comme le frère de ses sœurs, comme mon ami, comme un innocent maintenu dans une prison qui a très mauvaise réputation, et je souhaite juste qu'on fasse tout pour le sortir de là", répond l'ami et porte-parole de la famille. "Je peux comprendre les différentes positions politiques sur cette question, mais je ne peux pas comprendre que tout ne soit pas fait pour libérer un innocent. Et à titre personnel, je ne peux pas concevoir qu'on sacrifie quelqu'un parce qu'il y a d'autres intérêts en jeu."

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