Prolongation de Doel 4 et Tihange 3 : la Vivaldi fait une grosse concession sur les déchets nucléaires

Le gouvernement fédéral et Engie sont parvenus à un accord de principe concernant la prolongation de l'exploitation des réacteurs nucléaires Doel 4 et Tihange 3 pour une période de dix ans, ont annoncé vendredi matin le Premier ministre Alexander De Croo et la ministre de l'Énergie, Tinne Van der Straeten, dans un communiqué.

Laurent Lambrecht
Prolongation de Doel 4 et Tihange 3 : la Vivaldi fait une grosse concession sur les déchets nucléaires
©JC Guillaume

Le Premier ministre, Alexander De Croo, et la ministre de l'Énergie, Tinne Van der Straeten, ont annoncé, ce matin, qu'ils étaient parvenus à un accord de principe avec Engie concernant la prolongation de Doel 4 et Tihange 3. L'objectif des deux parties est de parvenir à un accord définitif d'ici la fin de l'année et de le soumettre à la Commission européenne. Que contient cet accord de principe?

1. Le gouvernement et Engie ont pour ambition d'obtenir une prolongation de Doel 4 et Tihange 3 pour novembre 2026. Au départ, Thierry Saegeman, le patron d'Electrabel, avait estimé que les deux réacteurs ne pourraient être prêts avant 2027, vu la décision tardive du gouvernement. Un retour dès novembre 2026 permettrait à Tinne Van der Straeten de ne pas devoir subsidier la construction d'une centrale au gaz supplémentaire pour passer l'hiver 2026-2027. L'hiver 2025-2026, quant lui, devrait donc se dérouler sans aucun réacteur nucléaire en Belgique. Mais cela ne devrait pas poser problèmes, selon les calculs du gestionnaire du réseau haute tension Elia.

2. Le gouvernement a accepté la demande d'Engie d'impliquer l'Etat belge dans le secteur nucléaire. En effet, une société commune entre l'Etat et le gouvernement doit être créée pour gérer Doel 4 et Tihange 3 durant la période de prolongation. L'Etat devrait donc financer une partie des investissements de prolongation. En contrepartie, il tirerait des bénéfices de l'exploitation de ces deux réacteurs nucléaires. "L'Etat belge ne sera pas exploitant, cela ne fait pas partie de ses missions, a précisé Alexander De Croo. Nous entrons dans le capital, ce qui nous permet de nous ancrer dans les décisions stratégiques. L'exploitation est mieux maîtrisée par le privé, mais nous aurons notre mot à dire sur les décisions stratégiques".

3. Engie a obtenu ce qu'il réclamait depuis longtemps : un plafonnement du montant des provisions nucléaires. D'ici la fin de l'année, le montant maximal des coûts de gestion des déchets nucléaires et du combustible usé devra être fixé. Ainsi, Engie sera assuré de ne pas débourser davantage que ce plafond pour financer la gestion des déchets nucléaires et du combustible usé. Il s'agit là d'une concession forte de la part des écologistes, qui ont toujours défendu le principe du pollueur-payeur. En effet, si le plafond n'était pas suffisant, c'est l'Etat belge qui devrait payer la différence. Par ailleurs, il semble qu'une incohérence de calendrier existe dans cet accord. Contacté, Engie précise que le montant maximal des provisions nucléaires doit être fixé pour la fin d'année. Or, le grand débat sur le sort de nos déchets nucléaires doit aboutir en ... 2024. Comment fixer un prix maximal sans savoir ce que vont devenir nos déchets nucléaires ?

Engie répond que cela fait partie des choses à négocier avec le gouvernement. L'entreprise se dit confiante quant au fait d'aboutir à un accord global d'ici la fin d'année. Néanmoins, on n'en est qu'au début des négociations et il reste énormément de détails à régler, reconnaît l'entreprise. Par exemple il semble logique que l'Etat participe au coût de gestion des déchets nucléaires générés par la prolongation. Mais qui va prendre en charge le coût du démantèlement des deux réacteurs prolongés?

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