Invasion de l'Ukraine: les Chasseurs ardennais s'envolent pour six mois de mission en Lituanie

Quelque 80 militaires, principalement des Chasseurs ardennais, se sont envolés mercredi à destination de la Lituanie, pour renforcer le flanc oriental de l'Otan dans le cadre de la "présence avancée renforcée" de l'Alliance atlantique, dans un contexte de guerre en Ukraine, a-t-on constaté sur place.

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Invasion de l'Ukraine: les Chasseurs ardennais s'envolent pour six mois de mission en Lituanie
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Leur avion, un Fokker 100 croate civil affrété par la Défense, a décollé vers 13h45 de l'aéroport militaire de Melsbroek.

La Belgique va fournir durant près de six mois un détachement d'environ 150 hommes et femmes qui s'intégrera dès le 17 août au sein d'un bataillon multinational (en jargon un "groupement tactique" ou en anglais un "Battle Group") dirigé par l'Allemagne. Ces troupes opèrent au départ d'un camp d'entraînement situé près de Rukla (centre de la Lituanie).

La majorité du personnel est fournie par le bataillon des Chasseurs ardennais, caserné à Marche-en-Famenne, avec des renforts d'autres unités, comme le 4e Groupe CIS (systèmes de communication et d'information), basé dans la même garnison, et le 29e bataillon logistique de Grobbendonk (province d'Anvers).

Prévue de longue date, cette mission - purement défensive - représente la sixième participation d'un détachement belge à la "présence avancée renforcée" (en anglais eFP pour "enhanced Forward Presence") de l'Otan dans les pays baltes et en Pologne, un dispositif mis en place après l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et dont la taille a doublé depuis l'invasion de l'Ukraine par les forces russes, le 24 février dernier.

Le matériel, dont des blindés à roues 8x8 Piranha équipés de canons de 30 et e 90 mm, a pour sa part rejoint la Lituanie par voie maritime.

Une bonne partie des Chasseurs ardennais en sont à leur première mission à l'étranger, a explique le commandant du détachement, le lieutenant Quentin (son nom de famille est tu pour des raisons de sécurité), dont c'est également le premier déploiement du genre.

Malgre une menace (russe) "relativement faible" en Lituanie, tous les militaires ont dû renoncer à la carte Sim de leur téléphone avant d'embarquer. Ils pourront néanmoins, "sauf si cela dégénère" maintenir le contact avec la famille par le biais des réseaux sociaux, mais en prenant des précautions, a ajouté l'officier.

"C'est une belle opportunité de travailler avec d'autres nationalités"", a pour sa part indiqué la sergent Annouk, l'un des 25 logisticiens qui font partie du détachement. Cette jeune sous-cfficier en est aussi à sa première mission à l'étranger après cinq ans d'armée, a-t-elle confié.

La Belgique a déjà contribué à plusieurs reprises à des "groupements tactiques" déployés dans le nord-est du territoire de l'Otan - ils sont quatre, respectivement en Lituanie, en Estonie et en Lettonie, ainsi qu'en Pologne. Cela a été le cas avec des compagnies de transport (en 2017) et de manœuvre (au premier semestre 2018 en Estonie et au second semestre en 2019 en Lituanie, tout comme en 2021).

La Défense a aussi fourni en urgence cette année, de début mars à début juillet, une compagnie de manoeuvre renforcée à l'un des quatre nouveaux "Battle Groups" créés dans le sud-est de l'Europe (en Roumanie, en Bulgarie, en Hongrie et en Slovaquie) après l'invasion de l'Ukraine.

Elle devrait fournir un effort similaire l'année prochaine, a souligné une source militaire à l'agence Belga.

En Lituanie, le détachement qui s'est déployé est toutefois de taille moindre qu'habituellement (150 personnes au lieu de 250 environ) car certaines capacités - comme l'artillerie et le génie - proviennent d'autres pays alliés.

La durée de la mission est toutefois plus longue. "On s'aligne" sur les autres nations, a expliqué le vice-chef de la Défense (V-Chod), le lieutenant-général Marc Thys.

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