Une pénurie de profs annoncée dès la rentrée: "Des enfants seront encadrés par des personnes qui n’ont pas les compétences pour enseigner"

À deux semaines de la rentrée, la pénurie d’enseignants se fait déjà sentir.

Une pénurie de profs annoncée dès la rentrée: "Des enfants seront encadrés par des personnes qui n’ont pas les compétences pour enseigner"
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À moins de deux semaines de la rentrée des classes, de nombreux postes sont encore à pourvoir. En Flandre, le nombre d'offres d'emplois vacants dans le domaine de l'enseignement est deux fois plus élevé qu'il y a un an, écrivent nos confrères de Het Laatste Nieuws : 1 570 offres d'emploi concernent le niveau secondaire et 824, le fondamental (maternelle et primaire). En Fédération Wallonie-Bruxelles aussi, des écoles cherchent à compléter leurs équipes.

Sur le site www.jobecole.be, qui met en relation offres et demandes d'emploi dans les écoles du réseau libre, les offres d'emploi se multiplient. 21 nouvelles annonces ont été publiées rien que mardi. La majorité d'entre elles concernent l'enseignement fondamental. Dans le secondaire, on cherche entre autres des professeurs d'éducation physique, de cuisine, de français, d'histoire et de néerlandais.

Catherine Seleck, directrice de l'école fondamentale spécialisée de type 2 Chanterelle, a posté deux annonces sur le site mardi. Elle cherche désespérément des institutrices et instituteurs d'ici la rentrée. "Je dois embaucher 2,5 personnes mais recruter est devenu extrêmement difficile. Les instituteurs et institutrices font leur marché, veulent enseigner dans des zones précises et préfèrent les emplois à mi-temps aux temps pleins. Il n'y a pas assez d'enseignants pour toutes les écoles, et pour peu que votre école ait des caractéristiques un peu différentes de leurs attentes, c'est très compliqué", observe-t-elle.

Et si elle ne trouve personne d'ici la fin des vacances ? Catherine Seleck devra se résoudre à confier ses classes à des personnes "de bonne volonté" mais qui n'ont pas de formation pédagogique. "Normalement il faut sortir de l'école normale pour exercer en tant qu'instituteur mais il m'est déjà arrivé de prendre des gens qui venaient du milieu du tourisme ou de l'art par exemple, qui n'avaient donc pas étudié la pédagogie mais avaient envie de travailler. Mais j'ai encore l'espoir de trouver d'ici là", précise-t-elle.

Chez Actiris aussi, on observe une augmentation du nombre de postes vacants dans le domaine de l'enseignement par rapport à l'année passée. Cette augmentation est toutefois minime (0,7 % de plus qu'en août 2021). "À défaut de trouver des personnes ayant le titre requis, les écoles font appel à des personnes qui ont un titre suffisant, voire de pénurie. Les élèves se trouvent donc encadrés par des personnes qui n'ont pas les compétences pédagogiques requises pour enseigner", confirme l'organisme bruxellois.

Roland Lahaye, président de la CSC-Enseignement, ne cache pas son inquiétude. "La pénurie se marque plus tard dans l'année habituellement. Elle intervient généralement en décembre, avec la fatigue et les virus de l'hiver. On observe depuis quelques années qu'elle avance dans le temps et commence à s'observer dès le début de l'année", explique-t-il.

Selon lui, les actions entreprises par les autorités publiques pour lutter contre ce fléau sont insuffisantes. "Le problème est multifactoriel et ce n'est pas en organisant une campagne de communication qu'on parviendra à le résoudre. Les jeunes enseignants se sentent très seuls dans leur métier et ils sont nombreux à quitter la profession dans les cinq ans. Les directions n'ont souvent pas le temps de les accueillir comme il le faudrait et ça ne leur facilite pas la tâche."

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