"Ryanair est parti en guerre contre tout ce qui lui coûte de l'argent": la CNE enrage contre la compagnie aérienne

"Ryanair est désormais en guerre contre tout ce qui lui coûte de l'argent", a réagi mercredi la CNE à la décision de la compagnie irlandaise à bas coûts de fermer provisoirement, pour la saison d'hiver, sa base de Zaventem et d'y retirer les deux avions qui y sont stationnés.

"Ryanair est parti en guerre contre tout ce qui lui coûte de l'argent": la CNE enrage contre la compagnie aérienne
©AFP

Le transporteur a justifié cette décision par des tarifs aéroportuaires revus à la hausse à Brussels Airport et à la taxe sur les billets d'avions mise en place par le gouvernement fédéral au mois d'avril dernier. La décision a un impact sur environ 80 emplois, dont 44 stewards et hôtesses et 17 pilotes. La compagnie continuera cependant à desservir Brussels Airport avec des avions et du personnel qui n'y sont pas basés.

"On s'attendait à une telle annonce", reconnait Didier Lebbe, secrétaire permanent de la CNE. "Ryanair fait le même coup partout puisque l'entreprise a déjà pris des décisions similaires à Athènes, Berlin, Francfort ou Budapest."

Pour le syndicaliste, la compagnie se recentre désormais davantage sur son modèle low-cost et entend profiter des créneaux rendus disponibles par la faillite puis la réduction de la taille d'Alitalia en Italie (devenue depuis lors ITA Airways) et de Blue Air, qui rencontre actuellement des difficultés en Roumanie.

Cette décision constitue, à ses yeux, une "déclaration de guerre vis-à-vis des taxes dans les (grands) aéroports classiques". "Michael O'Leary est parti en guerre contre tout ce qui coûte de l'argent", résume le représentant de la CNE.

S'il a été dit au personnel que les deux appareils reviendraient au mois de mars, Michael O'Leary, le CEO du groupe Ryanair, a, lui, affirmé qu'il n'y avait aucune garantie en ce sens. Didier Lebbe s'en étonne: "les plans qui nous ont été présentés parlent bien d'une fermeture provisoire. Cela a été écrit noir sur blanc."

"Il y a quelques mois, le patron de Ryanair espérait sans doute la fin de Brussels Airlines à Zaventem afin de pouvoir lui reprendre des créneaux aéroportuaires. Mais la compagnie belge sort petit à petit la tête de l'eau après la crise du Covid", analyse encore le secrétaire permanent de la CNE.

Ryanair pourrait d'ailleurs perdre ses 'slots' pour la saison d'hiver à Brussels Airport si une ou plusieurs autres compagnies s'en saisissent, précise encore Didier Lebbe. Le transporteur irlandais garde par contre ceux pour la saison d'été pour le moment, et ce tant qu'il n'y renonce pas.

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