Van der Straeten sur la crise de l'énergie: "Je ne laisserai pas dire que le gouvernement n'a rien fait, qu'il a été attentiste"

La ministre fédérale de l'Énergie, Tinne Van der Straeten, a contesté mardi que le gouvernement ait fait preuve d'attentisme face à la flambée des prix de l'énergie.

Belga
Van der Straeten sur la crise de l'énergie: "Je ne laisserai pas dire que le gouvernement n'a rien fait, qu'il a été attentiste"
©BELGA

Devant la commission de l'Énergie de la Chambre, elle a rappelé les initiatives déjà prises, dont la prolongation des mesures existantes et l'adoption d'un plan Hiver qui doit garantir la sécurité d'approvisionnement de la Belgique. D'autres mesures sont en discussion, a-t-elle rappelé à la veille d'une réunion du comité ministériel restreint. Depuis plusieurs semaines, le gouvernement planche sur de nouvelles mesures mais celles-ci n'ont pas encore été finalisées. Il attend entre autres des précisions sur les décisions européennes. Un comité de concertation s'est réuni à la rentrée, à l'issue duquel la prolongation des mesures existantes a été annoncée, des réunions en comité restreint ont eu lieu et d'autres devraient encore suivre. Unanime, l'opposition a pointé du doigt ce qui lui apparaît comme de l'indécision ou de l'attentisme face à l'urgence de la situation.

"Je ne laisserai pas dire que le gouvernement n'a rien fait, qu'il a été attentiste", a lancé Mme Van der Straeten devant la commission de l'Énergie de la Chambre, après la présentation de recommandations de la Commission de Régulation de l'Energie et du Gaz (CREG). "La situation est grave, personne ne le nie. Il n'y a pas de solution miracle, ce n'est pas une mesure qui va nous sauver mais une combinaison de mesures à court et plus long terme, y compris dans les économies d'énergie et les énergies renouvelables".

La ministre fait sienne bon nombre de ces recommandations, comme la nécessité d'une mesure pour soutenir la classe moyenne (par exemple par l'élargissement du tarif social), de réglementer davantage les offres des fournisseurs d'énergie, de favoriser les contrats fixes, etc.

Plusieurs questions ont porté sur la taxation des surprofits des entreprises énergétiques, attendue également par l'aile gauche de la majorité. L'Europe laisse aux Etats membres le soin de mettre en oeuvre une telle mesure. "Il y a une proposition sur laquelle on travaille pour écrémer ces surprofits afin de les réinvestir directement pour aider les ménages et les entreprises", a assuré Mme Van der Straeten. Le ton est monté à ce sujet entre le chef de groupe Ecolo, Gilles Vanden Burre, et l'ex-ministre de l'Énergie, Marie-Christine Marghem (MR), le premier accusant les libéraux de bloquer la solution.

La CREG s'est également penchée sur la question des surprofits. Devant les parlementaires, elle a mis en avant deux voies pour y arriver, soit l'abrogation du mécanisme de la redevance instaurée par loi électricité sur les producteurs d'énergie nucléaire, de manière à repartir d'une page blanche dans cette matière qui a été cadenassée par les conventions conclues entre Engie et l'État belge, soit instaurer une législation générale sur les surprofits dans le secteur de l'énergie. Elle a reconnu la difficulté juridique du dossier. "Je n'ai pas dit que c'était facile à réaliser", a observé le président du comité de direction de la CREG, Koen Locquet.

Aux yeux du PTB, cette analyse montre qu'il y a là "une occasion unique" de taxer ces surprofits en contournant les "contrats abusifs" conclus avec Engie. Le PS a rappelé qu'il avait déposé au mois de mars une proposition de loi visant à limiter les "marges bénéficiaires excessives" des entreprises du secteur de l'énergie.

Le gouvernement se réunira une nouvelle fois mercredi en comité restreint. Dans l'après-midi, les ministres de l'Énergie des différents gouvernements se verront également pour faire le point après le comité de concertation d'il y a dix jours.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be