"La révolte devient bouillante parmi les accusés": au procès des attentats de Bruxelles, les avocats d'Abdeslam tirent la sonnette d'alarme

Les deux avocats de Salah Abdeslam se sont exprimés sur LN24 en marge du premier jour du procès des attentats de Bruxelles.

Adélie Reginster

Dans le cadre de l’émission Il faut qu’on parle, Maîtres Delphine Paci et Michel Bouchat, les avocats de Salah Abdeslam, ont pris la parole pour témoigner de l’état dans lequel se trouve leur client en ce début de procès des attentats de Bruxelles.

Un procès qui a commencé ce lundi avec une polémique relevée par l’accusé Mohamed Abrini. Ce dernier déplore les conditions de son transfert entre la prison de Haren et le Justitia, où se tiennent les audiences. “On vous humilie, on vous met à nu, vous avez un bandeau sur les yeux et de la musique satanique à fond dans les oreilles”, a-t-il dénoncé à la barre, menaçant de se taire durant tout le procès si rien ne changeait.

”La révolte devient bouillante” parmi les accusés au procès des attentats de Bruxelles

Une menace que les avocats de Salah Abdeslam conseillent de ne pas prendre à la légère, car ils sont témoins de l’état dans lequel ces conditions de transfert mettent les accusés. “La révolte devient bouillante. Abrini l’a dit, son sang 'bouillonne', et ça doit être la même chose également dans le chef des autres accusés qui font l’objet des mêmes fouilles. La révolte gronde à l’intérieur de ces êtres humains”, a témoigné Michel Bouchat au micro de LN24, alors que sa consœur détaillait les conditions de transfert de Salah Abdeslam : “Il est mis nu, on lui demande de montrer son orifice anal et ce genre de choses. C’est là qu’on dit que ça va trop loin”.

”Les conditions de transfert doivent être dignes. Ce n’est pas parce qu’il est accusé, même de faits graves, qu’on peut le traiter de manière indigne. Car le risque, c’est que les accusés se ferment complètement et ne participent plus à leur procès”, a poursuivi Delphine Paci. “Les circonstances dans lesquelles il est fouillé constituent une humiliation qui est épouvantable. C’est ressenti très douloureusement, ce n’est pas du cinéma. Il faudrait se mettre à sa place […] Rien ne justifie ces fouilles, à partir du moment où il sort d’un quartier de haute sécurité et qu’il est pris en charge par des policiers”, a enchaîné Me Bouchat.

Mais cette situation va-t-elle pousser Salah Abdeslam à garder le silence durant le procès ? “Lui-même estimera s’il doit répondre ou non”, ont réagi ses deux avocats, ne voulant rien révéler à ce sujet. “Nous, nous souhaitons qu’il s’exprime”, ont-ils seulement confié.

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