Quand la secrétaire d'Etat au Budget oublie le montant du déficit belge : "Le chiffre, je ne veux pas vous le dire pour ne pas dire une erreur"

Invitée de LN24 ce jeudi 08 décembre 2022, Alexia Bertrand, la nouvelle secrétaire d’État au Budget, plaide pour une réforme globale des pensions et du marché du travail. Histoire d’éviter la faillite de la Belgique.

Écrire que le Budget de l’État belge crispe le monde politique est sans doute un euphémisme. Désignée secrétaire d’État après les erreurs commises par Eva De Bleeker, Alexia Bertrand (Open Vld) espère bien redresser la barre et s’éloigner du bilan désastreux présenté ces derniers jours.

"Nous avons un déficit trop important. Les chiffres sont mauvais […] Si on regarde le déficit de l’État belge dans son entièreté, à savoir l’état fédéral et les entités fédérées, il est de 5,9% du PIB", précise d’emblée la libérale sur le plateau de LN24, ce jeudi matin. "Mais nous allons travailler pour résorber ce déficit…"

Lorsque Martin Buxant lui demande quelle masse monétaire représentent ces 5,9%, la secrétaire d’État rétorque que c'est "beaucoup trop". Peinant à donner le montant, Mme Betrand reste évasive, évoquant "des milliards d'euros". "Le chiffre, je ne veux pas vous le dire pour ne pas dire une erreur, mais je vais le vérifier."

Contactée après cette interview par nos confrères de La Libre, Alexia Bertrand a justifié cet oubli par la fatigue. "Je me suis réveillée à 4h du matin, après avoir passé 9h en Commission hier. J'ai eu une hésitation sur la précision du chiffre au moment, j'ai donc préféré ne pas commettre d'erreur. Mais dès la sortie du studio, j'ai donné le montant précis à Martin Buxant. Je suis un être humain..."

"Rendre notre système de sécurité sociale plus soutenable"

Dans la suite de cette interview sur LN24, Alexia Bertrand a aussi évoqué la dette publique, qui avoisine "les 109% du PIB" national. La libérale souhaite que le gouvernement s'y attaque le plus vite possible.

"Ce que dit la Commission européenne, c’est que nos dépenses sont trop élevées. Il ne s’agit pas seulement de mesures temporaires (comme celles de liées à la crise de l’énergie, NDLR) mais aussi de mesures structurelles liées au vieillissement de la population comme la sécurité sociale, les pensions ou encore les allocations, explique-t-elle. Pour la Commission européenne, il est donc nécessaire de réformer. Ça ne suffit plus de faire des efforts sur les dépenses primaires et de faire de petites économies."

“Il y a un amateurisme dans la gestion du budget de l’État”, estime Sander Loones, le député N-VA qui a fait trembler le gouvernement

Ce qui doit être réformé ? Le marché du travail "et ses pièges à l’emploi" mais aussi les pensions. "À l’échéance 2049 et 2070, la charge des pensions et de la sécurité sociale continueront de s’accroître, poursuit la secrétaire d’État. Sur le long terme, il faut donc rendre notre système de sécurité sociale plus soutenable." Et lutter contre un taux d’emploi jugé trop faible. "Si l’on atteint un taux d’emploi de 80%, ça fera rentrer des montants extrêmement importants de façon structurelle."

Plutôt que d’évoquer une faillite de la Belgique, Alexia Bertrand préfère rappeler "le risque d’être mis en procédure de déficit excessif par l’Union européenne". Procédure qui peut "théoriquement" conduire à des amendes.

Consciente de la lourde tâche qui l’attend, la libérale bruxelloise réfute toutefois l’idée de Sander Loones de vendre des actifs de l’État pour renflouer ses caisses. "Ce ne sont que des one-shots. Ça permet de réduire la dette mais ça n’aura pas un impact structurel" sur le système. Avec ces rentrées d’argent uniques, "vous allez peut-être réduire un problème temporaire […] mais ce n’est pas une solution sur le long terme", ponctue la secrétaire d’État.

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