"Un maigre accord", "peu de perspectives": l'opposition critique sévèrement l'accord sur la prolongation du nucléaire

L'accord sur le nucléaire a été fraîchement accueilli par l'opposition, des Engagés au Vlaams Belang en passant par la N-VA.

Maxime Prévot, bourgmestre de Namur et président des Engagé.es a condamné l’action.
Maxime Prévot, bourgmestre de Namur et président des Engagés. ©EdA - Florent Marot

Les partis d'opposition ont jugé sévèrement l'accord annoncé lundi entre le gouvernement fédéral et le groupe énergétique français Engie sur les principes qui présideront à la prolongation des réacteurs nucléaires de Tihange 3 et Doel 4, les plus récents du parc nucléaire belge.

"Un accord nucléaire a minima qui va coûter un maximum et qui n'offre que peu de perspectives", ont dénoncé, dès l'annonce de l'accord, Les Engagés.

Ils saluent toutefois dans un communiqué la décision de prolongation des centrales nucléaires, en affirmant avoir "été les premiers à réclamer cette prolongation, convaincus que l'énergie nucléaire reste indispensable dans le mix énergétique".

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Sans avoir pu lire le document intégral de l'accord et se basant sur les rares éléments divulgués, Les Engagés estiment que trois points sont particulièrement inquiétants. D'abord les montants qui sont en jeu "et qui va payer", ensuite la possibilité d'un "trou noir" lors des hivers de 2025 à 2027 et le risque évident de blackout faute de production nucléaire et enfin "pourquoi seulement deux réacteurs uniquement pour 10 ans ?".

Du côté de la N-VA, le principal parti d'opposition en Flandre, le député Bert Wollants a affirmé que l'accord entre le gouvernement fédéral et Engie "n'en était pas un" mais continuait à faire planer l'incertitude sur l'approvisionnement en électricité alors que la discussion sur l'aspect financier n'a pas encore eu lieu.

"Il ne s'agit que de prolonger la durée de vie de deux réacteurs, peut-être à partir de 2026, et d'une participation de 50 % du gouvernement fédéral dans ces réacteurs. Cela dépend d'une étude dans les prochaines semaines sur les coûts liés au traitement des déchets nucléaires. Ce n'est que lorsque ceux-ci seront clairs que les Français signeront définitivement. L'incertitude sur notre approvisionnement énergétique va donc continuer à s'éterniser et la discussion sur les montants reste à venir", a déclaré lundi soir le spécialiste de la N-VA pour les questions d'énergie.

Le Vlaams Belang a lui aussi émis de sérieuses réserves sur l'accord.

"Ce maigre accord ne parvient pas à garantir suffisamment notre approvisionnement énergétique", a déclaré son député Reccino Van Lommel. "De plus, ce n'est qu'un accord partiel et la patate chaude autour de la facture des déchets sera poussée plus loin", a ajouté l'élu d'extrême droite.

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La majorité se dit "satisfaite"

Tant le président du CD&V, Sammy Mahdi, que son homologue de l'Open Vld, Egbert Lachaert, se sont, eux déclarés satisfaits de l'accord .

C'est nécessaire pour préserver la sécurité d'approvisionnement de notre pays et pour nous rendre moins dépendants des régimes étrangers en ce qui concerne l'énergie, affirmé M. Mahdi.

"La prolongation des deux derniers réacteurs était d'une importance capitale pour notre parti. Je me rends compte que bloquer une sortie complète du nucléaire n'avait pas été bien accueilli par tout le monde à la table du gouvernement en décembre 2021. Mais en tant que parti, nous avons continué à plaider en faveur d'une prolongation parce que c'était nécessaire pour la sécurité d'approvisionnement de notre pays", a-t-il ajouté.

Son homologue de l'Open Vld s'est également dit satisfait de l'accord annoncé par le Premier ministre Alexander De Croo.

Il est nécessaire pour que les centrales nucléaires soient disponibles d'ici l'hiver 2026-2027, a fait valoir Egbert Lachaert sur le plateau de l'émission Terzake de la chaîne publique flamande VRT.

Le président des libéraux flamands a également souligné qu'avec cet accord, le gouvernement belge reprenait le contrôle de la production d'électricité.

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