Qatargate: Marc Tarabella temporairement exclu de son groupe au Parlement européen

Le S&D et le Parti socialiste ont fait savoir que le Liégeois Marc Tarabella était exclu des deux groupes pour une durée indéterminée.

Le groupe des sociaux-démocrates au Parlement européen, le S&D, et le Parti socialiste ont décidé mercredi en fin d'après-midi d'exclure de leurs rangs le socialiste belge Marc Tarabella, suite à l'affaire du "Qatargate". Il continue bien d'être parlementaire européen, mais devrait figurer parmi les "non-inscrits", n'appartenant à aucun groupe politique. Aussi bien au parti qu'au groupe, on indique que cette exclusion pourrait être temporaire.

"Si, à l'issue de la procédure judiciaire, les faits ne sont pas établis, Marc Tarabella pourrait demander sa réintégration", précise de son côté le Parti socialiste. Le parti avait déjà décidé le 13 décembre dernier de "suspendre" Marc Tarabella de sa qualité de membre. "Le temps de la procédure judiciaire", précisait-on alors.

"Sur le plan judiciaire, le Parti Socialiste est attaché au principe de la présomption d'innocence", précise mercredi le porte-parole du PS. "Cette décision (d'exclusion) ne préjuge pas de la véracité des allégations à l'adresse de Marc Tarabella. C'est à la justice, et à elle seule, d'établir les faits, les partis ne disposant pas de pouvoir d'investigation".

La décision d'exclusion a été prise par le Collège des président et vice-présidents "en concertation avec le groupe S&D du Parlement européen", a ajouté le parti socialiste, qui a annoncé cela dans la foulée du S&D.

Le bureau du groupe a proposé cette mesure d'exclusion au groupe, qui n'a pas eu d'objection, indique une source proche. L'autre eurodéputé dont la justice belge a demandé la levée d'immunité dans le cadre de la même enquête, l'Italien Andrea Cozzolino, a quant à lui accepté dans la journée de se retirer de lui-même.

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La présidente du groupe de centre gauche, Iratxe Garcia Perez, avait indiqué mardi qu'elle attendait de la part des deux eurodéputés qu'ils se retirent de ses rangs. Pour elle, la demande de levée d'immunité de la part de la justice belge changeait la donne, alors que le groupe avait déjà "suspendu" les deux élus. Le Belge avait immédiatement réagi via son avocat, indiquant ne pas pouvoir accepter cette proposition et rappelant la présomption d'innocence.

Le bourgmestre d'Anthisnes a d'ailleurs répondu à la présidence, lui écrivant que "si votre décision était de m'exclure et malgré l'immense déception que cela représenterait, je continuerai, comme eurodéputé, à défendre les valeurs et principes de notre famille politique", selon une source européenne.

Marc Tarabella est notamment pointé, selon des documents judiciaires ayant fuité vers la presse, par Pier Antonio Panzeri, suspect qui se trouve en détention préventive et a obtenu le statut de "repenti". La procédure pouvant mener à la levée de son immunité parlementaire a débuté cette semaine au Parlement européen, et pourrait aboutir début février. Le Belge n'a pas encore été entendu par les enquêteurs. Il n'est pas non plus inculpé.

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La décision de l'exclure du groupe politique est "certainement une décision dure. Mais il s'agit pour le groupe d'indiquer clairement qu'il choisit la transparence et ne reculera pas face aux réformes nécessaires", indique mercredi une source proche.

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