Vincent Van Quickenborne: "Il faut aller derrière les barons de la drogue qui se cachent dans leur terrier à Dubaï"

Mercredi matin, le ministre de la Justice était invité sur le plateau de LN24 pour revenir sur les sujets d’actualité en Belgique.

Ce mercredi, le ministre de la justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD) était l’invité de la matinale de Martin Buxant, sur LN24. L’occasion d’aborder les sujets qui animent en Belgique, comme la situation d’Olivier Vandecasteele en Iran, la problématique de la drogue à Anvers ou encore l’enquête pour corruption qui ne cesse de progresser au sein du parlement européen.

Par rapport à la détention d’Olivier Vandecasteele en Iran, Vincent Van Quickenborne estime “qu’il faut tout faire pour protéger nos Belges à l’étrangers, notamment ceux qui se trouvent innocents dans des prisons dans des circonstances inhumaines”. Avec la “volonté stricte de le faire libérer”, le ministre de la justice ne compte pas baisser les bras : “On a préparé et fait voter une loi et un traité au parlement l’été passé, ce qui a été suspendu par la cour Constitutionnelle. On a donc renforcé notre équipe judiciaire pour nous défendre devant la cour au plus tard le 8 mars.

Alors que beaucoup de gens questionnent la posture de Hadja Lahbib, ministre des Affaires étrangères, et la possibilité d’un voyage en Iran, Vincent Van Quickenborne explique qu’elle “fait énormément d’efforts”. “Elle a encore demandé à l’ambassadeur iranien de se rendre chez elle pour discuter et pour avoir des explications sur le verdict ; il n’a même pas pu répondre. Cela montre bien l’absence d’Etat de droit en Iran. Il faut donc avoir une percée avant de décider qu’elle s’y rende. On marche sur des oeufs pour obtenir la libération d’Olivier Vandecasteele.

Mais pour obtenir la libération du Belge, faut-il relâcher un terroriste, à savoir Assadollah Assadi ? Selon le ministre de la justice, il faut tout faire mais en “restant dans le cadre des lois” : “On est dans un Etat de droit et il faut le respecter”.

Il avertit néanmoins les Belges : “Il y a un risque pour les Belges ou Belgo-Iraniens en Iran. Soyez très prudents, ce n’est pas le moment d’y faire des voyages”.

Légaliser les drogues douces pour endiguer le trafic de cocaïne ?

Faut-il légaliser les drogues douces en vue d’endiguer le trafic de cocaïne ? Le ministre de la Justice est sans appel : “Ce qui se passe à Anvers n’a rien à voir avec la problématique de la drogue douce, donc ça ne résoudra rien. Aujourd’hui, la police travaille sur la cocaïne et les drogues dures. Il n’y a pas de policier qui travaille sur les utilisateurs de cannabis, parce que ce n’est pas le problème dans notre pays.

Vincent Van Quickenborne a cependant un plan qui est d’ores et déjà mis en oeuvre. “Ce qu’il faut faire, c’est fortifier le port d’Anvers. Premièrement, il faut faire plus de scanning : aujourd’hui, on scanne 40 000 containers, il faut qu’on monte à 400 000. On doit faire ça avec 70 millions d’euros. De deux, il faut contrôler tous le personnel du port. Trois, il faut rendre les containers plus malins, comme les black box dans les avions. Et quatre, il faut aller derrière les barons de la drogue qui se cachent dans leur terrier à Dubaï. Tout ceci se retrouve dans notre plan, le Strong Plan XXL, on doit s’y tenir et l’exécuter maintenant.”

Mais la problématique est également liée aux utilisateurs qu’il faut “décourager mais également aider en cas d’addiction”.

Violences liées au milieu de la drogue à Anvers: Alexander De Croo plaide pour un corps de police portuaire

Face à la question “sommes-nous dans un narco-Etat”, Vincent Van Quickenborne répond par la négative : “Dans un narco-Etat, on s’en prend au gouvernement, aux ministres, et ce sont les narco-terroristes qui prennent les décisions, le pouvoir. On parle donc plutôt de narco-terrorisme puisqu’ils utilisent des méthodes terroristes notamment envers les journalistes et le monde politique. Mais aujourd’hui, le top de la justice et la police sont incorruptibles.

La planque, quel bilan ?

Placé temporairement dans un lieu hautement sécurisé en raison de menaces, le ministre de la Justice explique que ça a été très dur pour sa famille et n’exclut pas un troisième séjour en planque : “La menace est toujours là et on est toujours sous haute protection. Et il faut constater qu’aux Pays-Bas, un ex-ministre de la Justice a vécu la même chose. Ça m’inquiète donc, notamment d’encore courir ce risque même sans être ministre.

”L’accord de repenti peut porter ses fruits”

Mardi, on apprenait qu’Antonio Panzeri avait passé un accord pour “limiter”, dans l’affaire du Qatargate. C’est un accord que le ministre de la Justice soutient : “Cette méthode 'Pentiti' peut porter ses fruits et est efficace parce qu’elle a déjà pu briser le cercle final de la mafia, comme son nom l’indique, et on l’a encore vu cette semaine avec Cosa Nostra. Elle peut fonctionner en l’encadrant correctement. “

Mais il faudra également renforcer le parquet fiscal pour éviter la corruption : “On investit énormément de supplément en termes de magistrat fiscal. Ce gouvernement a fait plus que tous les gouvernements précédents. Il faut évidemment plus investir dans ces méthodes. Il faut surtout continuer à faire ce qu’on fait déjà, c’est-à-dire investir dans des gens et renforcer nos parquets fiscaux et financiers parce que c’est là aussi que se trouve la criminalité.”

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be