Le cri d’alarme du secteur du sans abrisme : “Les demandes faites au fédéral ont été à chaque fois bottées en touche”

Benjamin Peltier, responsable plaidoyer de l’asbl L’Ilot, était l’invité de Martin Buxant sur LN24 ce jeudi matin.

C’est un cri d’alarme qu’a adressé ce jeudi Benjamin Peltier, responsable plaidoyer de l’asbl L’Ilot, qui s’occupe de venir en aide aux sans-abri. Invité sur le plateau de LN24, ce dernier a expliqué que l’association n’avait pas accès au tarif social au niveau énergétique.

”Les coûts de l’énergie augmentent et ça fait longtemps qu’on dit qu’on n’y arrivera pas cet hiver-ci”, explique Benjamin Peltier. “On n’a pas une aide ou le tarif social qui nous est donné. Or nos coûts sont relativement importants vu qu’on a des espaces qui doivent être chauffés, qu’on offre des douches aux personnes sans abri avec beaucoup d’eau chaude et une consommation relativement importante. On a des bâtiments qui sont vétustes parce qu’ils sont peu financés et donc mal isolés. Le surcoût en énergie est donc très important et se chiffre en centaine de milliers d’euros. Tout cela pour une structure qui n’est ni immense ni riche.”

Le responsable plaidoyer de l’asbl L’Ilot pointe du doigt le gouvernement. “Le tarif social gaz, c’est une demande avec laquelle on est venu depuis l’été parce que plusieurs autres collectivités ont déjà droit à ce tarif social si elles logent des personnes qui pourraient y prétendre. Ce sont des organismes tels que les CPAS, les agences de logement social… Mais le secteur du sans abrisme, lui, n’est pas dedans. Les demandes faites au fédéral à ce niveau-là ont été à chaque fois bottées en touche en disant que ce n’était pas leurs compétences.”

”Le secteur du sans abrisme est l’un des laissés-pour-compte”

Benjamin Peltier craint que la situation ne se détériore rapidement. “Le secteur du sans abrisme est l’un des laissés-pour-compte de la crise actuelle. Alors même que la crise provoque plus de sans abrisme, ce qui est paradoxal. Ce qu’il va se passer si on n’a pas accès au tarif social ? Là actuellement, on est un peu dans une équation impossible à résoudre et si on n’arrive pas à la résoudre, on devra prendre des décisions qui seront coûteuses et qui auront des conséquences sur les services que l’on donne. On devra diminuer notre capacité de service parce qu’on n’aura plus l’argent des les financer. Ce sera donc moins d’accueil avec, à l’extrême, la possibilité de devoir fermer des maisons d’accueil.”

Quel est le profil du sans-abri en Belgique ?

Le responsable de l’Îlot, qui constate une baisse des dons privés cette année à cause des difficultés financières rencontrées par tout un chacun, a également fait part du profil actuel des sans-abri en Belgique. “Depuis quelques années, les moyennes d’âge ne font que de baisser. À la rue, ce sont de plus en plus de gens qui sont en décrochage dès 18 – 19 ans, à la sortie de chez leurs parents, et qui terminent déjà dans la rue.” Benjamin Peltier ajoute un autre changement majeur : “Même si elle reste moins importante, il y a une population de femme qui est totalement existante dans le sans abrisme. Or souvent, il n’y a pas de structure adéquate pour les accueillir. Les centres de jour sont mixtes mais quand il s’agit d’aller prendre des douches par exemple, c’est compliqué. Des agressions peuvent se passer. Dès lors beaucoup de femmes ne vont plus vers ces structures-là. Dès lors, nous avons décidé, en 2023, d’ouvrir un centre de jour pour femmes à Bruxelles. Et c’est une première.”

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