Procès des attentats de Bruxelles: les enquêteurs abordent la fusillade de la rue du Dries pour la compréhension du jury

Les enquêteurs sont revenus, lundi en fin d'après-midi devant la cour d'assises de Bruxelles, sur la fusillade survenue rue du Dries à Forest, le 15 mars 2016 - soit une semaine avant les attentats de Maelbeek et Zaventem -, entre les unités spéciales et Mohamed Belkaïd, mort en protégeant la fuite des accusés Salah Abdeslam et Sofien Ayari.

<p>Des policiers se tiennent derrière les accusés dans un box vitré au premier jour du procès des attentats jihadistes de 2016, le 5 décembre 2022 à la cour d'assises de Bruxelles</p>
©POOL/AFP/Archives

Cette affaire a déjà fait l'objet d'un jugement, qui a condamné le 23 avril 2018 Salah Abdeslam et Sofien Ayari à 20 ans de prison pour tentative d'assassinat sur des policiers dans un contexte terroriste ainsi que détention et port d'armes prohibées. Mais elle constitue pour les enquêteurs une date pivot, un événement qui aura impacté les faits du 22 mars 2016, a expliqué la juge d'instruction Berta Bernardo Mendez. Ce volet a dès lors été présenté aux jurés pour leur compréhension de la suite des événements, soit l'arrestation de Salah Abdeslam et Sofien Ayari, le 18 mars, et les attentats quatre jours plus tard. L'instruction est toujours ouverte pour une autre prévention, celle de participation aux activités d'un groupe terroriste, a précisé la juge d'instruction.

Après les attentats de Paris perpétrés le 13 novembre 2015, les enquêteurs localisent différentes planques de la cellule terroriste. Parmi celles-ci, l'appartement de la rue du Dries, à Forest, est repéré grâce à la découverte d'une fausse carte d'identité au nom de Mehdi Vandenbus, un alias du kamikaze de Maelbeek Khalid El Bakraoui. À partir de ce nom, les enquêteurs détectent un contrat avec le fournisseur de gaz et électricité Lampiris conclu entre le 1er décembre 2015 et le 10 janvier 2016 pour cette adresse.

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Munie d'un mandat de perquisition, la section antiterroriste de la police judiciaire fédérale (DR3) décide de s'y rendre le 15 mars 2016 en début d'après-midi. "Nous pensions alors que l'appartement n'était plus occupé", a expliqué le coordinateur de l'enquête, Grégory Moitroux. Mais une enquête de voisinage révèle rapidement que l'appartement du premier étage est encore occupé. Les enquêteurs décident de défoncer la porte. Ils sont accueillis par un homme armé d'un fusil d'assaut, qui se retranche ensuite dans l'appartement. Les policiers n'ont alors pas d'autre choix que de battre en retraite dans un premier temps. Cet homme, c'est Mohamed Belkaïd, connu pour être un membre avéré de l'État islamique (EI). Il sera finalement abattu par les forces de l'ordre.

Des voisins signalent en outre que deux hommes ont pris la fuite. Il s'agit de Salah Abdeslam et Sofien Ayari.

Une inspectrice de la section criminelle de la police judiciaire de Bruxelles a ensuite pris la parole pour exposer l'enquête scientifique et tactique débutée juste après la fusillade. Elle a commencé par préciser les endroits où des traces ADN et des empreintes digitales ont été relevées dans la chambre de l'appartement, où Mohamed Belkaïd s'était retranché, et à qui elles appartenaient. Outre les kamikazes de Bruxelles et plusieurs accusés devant la cour d'assises pour les attentats du 22 mars 2016, des empreintes et de l'ADN appartenant à plusieurs assaillants de Paris ont été repérés sur divers objets, comme des livres.

Ce témoignage se poursuivra mardi.

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