Conflit israélo-palestinien: "Je suis choquée. Le PTB passe sous silence le drame humain qui se joue aujourd'hui", réagit Viviane Teitelbaum
Le parti d'extrême-gauche résume l'escalade de violence qui frappe Israël et la bande de Gaza à la réponse militaire du gouvernement israélien. Le PTB éclipse totalement l'offensive du Hamas vers Israël qui a déjà fait plus de 600 morts.
- Publié le 08-10-2023 à 16h24

Quelques heures après l'offensive ultra-violente du Hamas sur le territoire israélien, de très nombreuses réactions politiques ont été publiées sur les réseaux sociaux. En Belgique, une part importante de la classe politique a condamné les "attaques terroristes". L'extrême gauche et certains mandataires de gauche, par contre, ont adopté un positionnement plus trouble, regrettant une situation qui serait la conséquence de "l'occupation israélienne".
Samedi, dès l'aube, des milliers de roquettes ont été tirées depuis la bande de Gaza vers Israël, mettant fin à une trêve globalement respectée depuis la fin de la guerre de cinq jours. Des centaines de civils ont été tuées. Des dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants ont été prises en otage par les forces du Hamas. Des dizaines de festivaliers venus de pays étrangers ont perdu la vie dans une rave party à ciel ouvert qui a été frappée par l'attaque.
Actuellement, plus de 600 Israéliens sont morts. L'état de guerre a été déclaré. La riposte de l'armée israélienne dans la bande de Gaza a fait plus de 300 morts.
"En réponse à l'assaut lancé hier par le Hamas à partir de Gaza, la puissance de feu de l'armée israélienne s'est une nouvelle fois déchaînée. La région s'embrase encore, le pire est à craindre pour les heures et jours à venir, et on ne peut qu'avoir une pensée pour toutes les victimes civiles innocentes, quel que soit leur côté", a commenté Raoul Hedebouw, président du PTB, dans un long post Facebook.
Selon le leader d'extrême-gauche, la "guerre que Benjamin Netanyahou [Premier ministre israélien, NdlR] et son gouvernement prétendent déclarer aujourd'hui a commencé contre les Palestiniens il y a plus de 75 ans déjà".
Pour de nombreux observateurs, ces déclarations de Raoul Hedebouw justifient le terrorisme du Hamas.
Choquée, mais pas surprise
Viviane Teitelbaum ne se dit "malheureusement" pas surprise par une telle position. "Une partie de la gauche et de l'extrême gauche a toujours adopté cette même approche vis-à-vis du conflit israélo-palestinienne", rappelle la députée bruxelloise, autrice d'un livre sur l'antisémitisme. "Ils soutiennent le BDS [une campagne qui vise au boycott d'Israël, NdlR]. Ils ont participé à des manifestations où on criait "Mort aux juifs". Il n'y a jamais de contextualisation du conflit dans leur chef."
"Je suis choquée", poursuit cette fille de survivante de la Shoah. "Quand on a des terroristes qui rentrent dans les habitations, qui tuent des gens de sang-froid, arrachent des personnes de leurs domiciles pour en faire des otages et des boucliers humains, ce qu'on attend de dirigeants et de démocrates, c'est une condamnation ferme de ce qui est en train de se passer et un appel à libérer les otages. Voilà ce qu'on attend d'un responsable politique."
Or, le communiqué du président du PTB "passe sous silence le drame humain qui se joue aujourd'hui". Raoul Hedebouw ne "condamne pas les terroristes pour ce qu'ils sont". Le parti d'extrême-gauche n'a jamais condamné le Hamas alors que le Hamas n'a jamais voulu reconnaître l'État d'Israël, souligne l'élue libérale.
Là où le positionnement du PTB se fait dangereux, c'est sur les conséquences qu'il peut produire sur une partie de la population belge qui serait réceptive à son discours. "L'histoire a malheureusement montré que lorsqu'il y a des recrudescences de violences au Moyen-Orient, il y a souvent en parallèle une augmentation des actes antisémites dans notre pays. J'espère que ces actes antisémites ne seront pas aussi condamnés à géométrie variable."
