Belgique Certains chauffeurs ont profité des attentats pour augmenter leur prix.

Scandaleux. La direction du Brussels South Charleroi Airport (BSCA) n’a pas d’autres mots pour condamner les dérives tarifaires de certains chauffeurs de taxi après les attentats de Bruxelles.

"Nous avons reçu plusieurs plaintes de passagers auxquels on a fait payer près de 5 euros du kilomètre pour une course vers la capitale", rapporte le CEO, Jean-Jacques Cloquet. Cinq euros, c’est plus du double du prix normal (autour de 2 euros, NdlR). Et cela porte l’addition à 300 euros (!) pour un aller simple Charleroi-Bruxelles.

"De telles pratiques dégradent l’image de notre aéroport", selon lui. Après la tragédie de Zaventem, c’est de manière spontanée que des membres du personnel se sont portés volontaires pour interrompre leurs congés et venir en renfort.

À l’inverse de cet élan de solidarité, ces mercenaires du transport - pour ne pas parler de flibustiers - ont privilégié leur profit. Le président de BSCA parle de racket organisé.

"Une honte", déplore Laurent Leveque. Si cette dérive choque, elle n’est pas sans précédent à Charleroi. Lors de crises antérieures, des comportements identiques ont été observés. Un couple se souvient avoir payé 60 euros par tête pour rentrer à Bruxelles alors que tous les vols avaient été annulés en raison d’importantes chutes de neige. "Nous étions six passagers dans la voiture, dont deux sur le siège à côté du chauffeur !"

En charge des taxis, l’échevin carolo du Commerce, Philippe Van Cauwenberghe (PS), confie n’avoir aucun pouvoir d’action en l’absence de plainte.

"À partir d’un PV, nous pouvons sanctionner l’infraction qui constitue une fraude. Cela peut aller jusqu’au retrait du certificat de capacité, qui constitue l’agrément du taxi. J’invite donc les victimes à se présenter à la police", dit-il.

En Wallonie, c’est un décret régional qui régit le secteur. Les taxis doivent s’acquitter d’une taxe au kilomètre. Pour l’échevin, il est primordial d’informer les clients de leurs droits : la tarification au forfait est totalement illégale, seul le compteur peut déterminer le prix d’une course.

Pour lutter contre les abus, la Ville de Charleroi a élaboré un nouveau règlement communal qui doit être prochainement approuvé.

De son côté, BSCA entend réguler les accès aux voiries et parkings de son domaine aéroportuaire, reconnu comme privé par un arrêt récent de la cour d’appel. Plus question de laisser faire n’importe quoi.