"En tant que parti, nous ne pourrons continuer avec quelqu'un qui n'offre aucune clarté", a commenté mercredi matin le président des libéraux flamands au micro de la VRT-radio. Celui-ci dit par ailleurs comprendre le mécontentement au sein du parti concernant ce versement de 50.000 euros dont a bénéficié l'Anversoise, mais invite à le remettre "en perspective".

"Je comprends ces réactions à la base du parti", a ajouté M. Lachaert. Celles-ci proviennent de militants qui sont actifs depuis longtemps dans le parti et "qui ont dû mettre leurs propres deniers dans leurs campagnes".

Le président de l'Open Vld justifie toutefois cet "investissement" réalisé par son prédécesseur, Gwendolyn Rutten, sur Sihame El Kaouakibi.

"Il s'agit de quelqu'un issu du plus grand arrondissement électoral (Anvers) où les libéraux n'ont pas facile, de quelqu'un au profil unique dont on a pensé qu'elle pourrait être une plus-value pour le parti", a expliqué M. Lachaert.

Celui-ci entend toutefois "tirer les leçons" de cette affaire.

Quant aux suspicions d'abus concernant Let's Go Urban, le président de l'Open Vld rappelle que chacun est présumé innocent jusqu'à preuve du contraire. Pour lui, c'est à la justice à présent de faire son oeuvre. Il attend toutefois dès à présent de la députée toute la clarté, ce qui a fait défaut jusqu'ici, selon lui.

Gwendolyn Rutten se justifie

La polémique a pris de l'ampleur ces dernières heures. Une semaine après que Mme El Kaouakibi a été citée pour un possible abus de subsides à son asbl "Let's go Urban", son nom est revenu à l'avant-plan. Selon un article du site internet Newsmonkey publié mardi, elle aurait reçu 50.000 euros pour son passage en politique. En soi, ce n'est pas illégal mais c'est pour le moins inhabituel.

L'ex-présidente des libéraux flamands était l'invitée mardi soir de l'émission Ter Zake sur Canvas mais elle a annulé sa participation dans l'après-midi, a fait savoir l'un des journalistes qui y officie, Pieter-Jan De Smedt, sur Twitter.

Dans son message, Mme Rutten dit vouloir mettre les points sur les "i" de manière "ouverte et claire pour tout le monde, à l'intérieur et à l'extérieur du parti". Elle met en avant "la spécificité" que Mme El Kaouakibi voulait conserver et "l'approche personnelle ainsi qu'un encadrement professionnel choisi par elle". "Elle n'était donc pas définie comme une figure de l'Open Vld. En tant que parti, nous pouvions y souscrire, parce que Sihame El Kaouakibi apportait un vent de fraîcheur qui renforcerait notre parti dans une province importante" (Anvers).

L'argent a été versé à la société de la députée. Les coûts sont considérés comme des dépenses électorales de l'Anversoise. "Les partis font tous et tous les jours des choix sur l'utilisation de leurs moyens en vue de soutenir des personnes, organiser des événements ou diffuser leurs idées", a ajouté Mme Rutten, évoquant les dépenses consenties par exemple pour des annonces sur les réseaux sociaux ou dans les médias. "Notre parti a jugé à ce moment que ces investissements financiers dans le lancement politique professionnel de Sihame El Kaouakibi constituaient un bon investissement pour l'ensemble du parti, à Anvers et ailleurs".

Cette affaire n'a rien à voir avec celle qui entoure Let's Go Urban, estime encore l'ex-présidente. La justice doit faire son travail, a-t-elle rappelé en insistant sur la présomption d'innocence dont bénéficie Mme El Kaouakibi.

En début de soirée, le parti et le groupe Open Vld au parlement flamand ont demandé à la députée de fournir "à court terme" des explications sur l'usage de subsides et de faire preuve de "réserve" dans ses activités politiques.

Le parti a justifié l'octroi des 50.000 euros de la même façon que Mme Rutten. "Cela s'est produit dans le cadre de considérations stratégiques concernant une circonscription électorale dans laquelle un candidat nouveau a été soutenu pour sa première campagne", a-t-il dit dans un communiqué.

Le tribunal de l'entreprise d'Anvers a désigné il y a quelques jours un administrateur provisoire pour l'asbl Let's Go Urban en raison de soupçons de malversations financières. Cette association, qui a fait connaître Mme El Kaouakibi, organise depuis 2009 des ateliers et des formations destinés à des groupes de jeunes de divers horizons dans des disciplines diverses: hip-hop, slam mais aussi condition physique. Elle a remporté des prix à plusieurs reprises.