Le CPAS doit réclamer les sommes versées indûment à son président qui a pris un avocat pour préserver ses intérêts

MARCHIN Si tout le monde semble s’accorder pour parler d’une simple erreur et non de malversation, le président du CPAS de la petite commune de Marchin, en province de Liège, se retrouve dans une situation aussi incroyable que schizophrénique.

Pendant dix longues années, le CPAS lui a versé mensuellement 500 euros en plus que la somme qui lui était normalement due.

En 2010, l’erreur a été découverte. Dans quelques jours, le litige entre le CPAS et son président se réglera devant le tribunal de première instance de Huy. Il s’agira de déterminer ce que le président devra rembourser au centre public d’aide sociale… “Ce qui est important, c’est que l’erreur a été découverte”, explique le bourgmestre de Marchin Eric Lomba (PS).

Ce dernier se rend néanmoins bien compte de la position délicate dans laquelle se trouve son président. “Tout le monde sait que ce n’est pas sa faute mais, d’un autre côté, il y une jurisprudence qui tend à dire que, dans de tels cas, c’est la faute de l’employeur”, poursuit le bourgmestre qui a fait le choix de conserver son président.

Lorsque le président du CPAS est entré dans ses fonctions en 2000, un barème plus intéressant lui a été erronément accordé. “Je m’en suis rendu compte après avoir demandé un contrôle des précomptes professionnels”, explique Jean Michel, le président du CPAS. “J’ai cru que je devenais schizophrène. Dans un premier temps, j’ai décidé de défendre les intérêts du CPAS et j’ai dit que la somme devait être remboursée. La désignation d’un avocat a été avalisée par le conseil. Ensuite, j’ai décidé de prendre un avocat afin de préserver mes intérêts”, poursuit-il.

En plus d’avoir vu son salaire être raboté en 2010, Jean Michel sait qu’il devra plus que vraisemblablement rembourser tout ou partie des sommes excédentaires. “Ce sont des accidents de vie auxquels on ne s’attend pas”, conclut-il.


© La Dernière Heure 2013