Le 18 mars dernier, l'IBPT avait déclaré admissibles cinq acteurs mobiles pour la prochaine mise aux enchères du futur spectre radioélectrique, notamment pour la 5G. Cette mise aux enchères est prévue pour juin 2022.

L'IBPT n'avait pas communiqué l'identité des opérateurs candidats mais il s'agirait d'Orange, Proximus et Telenet auxquels s'ajouteraient Citymesh, propriété du groupe limbourgeois Cegeka, ainsi que le groupe informatique liégeois NRB.

Ce mardi, le régulateur du secteur télécom annonce que l'un des deux nouveaux entrants dont la candidature à la mise aux enchères a été jugée recevable il y a une dizaine de jours a indiqué vouloir faire usage de l'option pour acquérir un paquet défini de spectre réservé, au prix fixé de 83,34 millions d'euros. L'IBPT ne précise pas davantage de quel candidat il s'agit.

Ce paquet réservé permet à un nouvel opérateur d'entrer sur le marché en tant qu'acteur mobile à part entière, en évitant le risque d'être évincé lors des enchères par les opérateurs existants.

"Ce paquet contient des fréquences dans différentes bandes de fréquences (700 MHz, 900 MHz, 1800 MHz et 2100 MHz). Actuellement, les bandes de fréquences radioélectriques 900 MHz, 1800 MHz et 2100 MHz sont principalement utilisées pour des applications 2G, 3G et 4G. La bande de fréquences 700 MHz est considérée comme une 'bande de couverture' pour la 5G qui est adaptée pour une couverture nationale et une meilleure couverture à l'intérieur des bâtiments", explique l'IBPT dans un communiqué.

"Outre ce paquet réservé, cet acteur pourra également acquérir du spectre supplémentaire lors de la mise aux enchères dans la bande de fréquences de capacité 3400-3800 MHz prévue pour la 5G. Avec le paquet réservé et l'éventuel spectre radioélectrique à acquérir en plus, le nouvel entrant dispose d'une quantité de spectre suffisante pour entrer sur le marché mobile", ajoute le régulateur.

Quant aux opérateurs mobiles existants (Orange, Proximus et Telenet), ils bénéficient du spectre partiellement réservé, afin de garantir la continuité du service. Ils ont également demandé à faire usage de cette option, selon l'IBPT. Ces trois opérateurs paient ainsi chacun pour ce spectre partiellement réservé quelque 73 millions d'euros.

"Naturellement, tous les candidats, tant les opérateurs existants que les nouveaux entrants, ont la possibilité, en plus du spectre réservé, d'enchérir sur les lots restants de la mise aux enchères pour lesquels ils sont candidats (au total 640 MHz pour un montant minimum d'environ 477 millions d'euros). Bien entendu, en cas de surenchères lors de la mise aux enchères, ce prix augmentera", conclut l'IBPT.

La mise aux enchères du futur spectre radioélectrique devrait ainsi rapporter au minimum quelque 780 millions d'euros à l'État belge.

Une entrée d'un quatrième opérateur "sur le marché des consommateurs" réjouit la ministre fédérale des Télécommunications, Petra De Sutter, si "cela débouche sur des formules de prix concurrentielles", réagit-elle dans un communiqué adressé à Belga. "Permettre davantage de concurrence sur le marché était notre outil principal pour faire diminuer les prix élevés", rappelle-t-elle.

La ministre souligne en outre qu'une "concurrence accrue sur le marché B2B (business to business, soit entre entreprises, NDLR) présente aussi finalement de nombreux avantages pour les clients, comme davantage d'innovation".