Belgique

Une allocation universelle est possible en Belgique. Payable sans doute, mais pas tout de suite

BRUXELLES Et si dès le jour de votre naissance, l’État belge vous octroyait une allocation universelle ? 400 € jusqu’à vos 18 ans et 800 € après, jusqu’à l’heure de votre mort. Ce principe d’allocation universelle n’est pas forcément une utopie. Depuis plus d’une centaine d’années, ils sont nombreux à s’être penchés sur cette question, dont de très nombreux Belges.

Philippe Van Parijs, professeur d’université à l’UCL, entre autres, a publié plusieurs réflexions sur le sujet. Il est l’un des chantres de cette proposition dans notre pays. Nous nous sommes inspirés en grande partie de ses travaux pour réaliser cette enquête. Inscrite au programme des écolos à leurs débuts, l’allocation universelle connaît même quelques applications aux quatre coins du monde. Avec, souvent, une certaine réussite.

Le principe fondamental. “Un revenu (par exemple mensuel) versé par une communauté politique à tous ses membres, sur base individuelle, sans contrôle de ressources ni exigences de contrepartie.”

La fin du chômage et des autres allocations. Pour financer cette allocation dans son sens le plus abouti, il convient de supprimer l’actuel système d’aide sociale (les allocations de chômage, les allocations familiales, les pensions, etc.). En payant cette allocation à tous, aux riches comme aux pauvres, le système garantit une égalité entre les personnes. L’allocation doit améliorer la vie des plus précarisés sans handicaper celle des plus aisés.

L’emploi. Dans ce système, la valeur travail n’est plus le centre des préoccupations. Il doit décloisonner le monde du travail. Certains, grâce à cette sécurité, adopteraient un mode travail à temps partiel en dégageant ainsi du temps pour d’autres activités. Le temps récupéré permettant de développer un système quaternaire (activité autonome et personnelle) en s’investissant dans l’associatif, dans les pratiques artistiques, dans le développement d’un potager, le temps passé en famille, etc. L’employeur bénéficierait d’une plus grande flexibilité de ses travailleurs. La pression mise sur les citoyens serait, dès lors, atténuée et le développement personnel contribuerait à un bien-être plus grand. Le paiement de l’allocation universelle permettrait à certaines personnes peu qualifiées de pratiquer un travail peu rémunérateur, l’allocation lui garantissant un revenu cohérent.

Liberté. Le travailleur qui bénéficie de cette allocation universelle disposerait d’une position plus forte face à son employeur. Le fait de quitter un emploi ne serait plus synonyme de déclassement social. Un travailleur pourrait effectuer des pauses dans sa carrière ou s’investir dans une période de formation. Le lancement d’une activité indépendante serait également plus attrayant car moins risqué.

L’augmentation des inactifs. Là où ce type de système a été testé, l’augmentation du nombre d’inactifs n’a pas été enregistrée. En Namibie, au bout de quelques mois d’expérimentation d’un système d’allocation universelle dans une région déterminée (1.000 personnes), on a vu une baisse de la criminalité, de l’absentéisme à l’école et des hospitalisations. La sécurité alimentaire a augmenté et les revenus des habitants de la région ont augmenté de 29 %. Des microentreprises se sont mises en place, renforçant le tissu économique de la région.



© La Dernière Heure 2012