Les responsables de la crise de la vache folle ne sont pas en Wallonie

NAMUR Un milliard et demi à débourser pour l'élimination des déchets d'abattoirs et des farines: José Happart ne digère pas la facture qu'envisage d'adresser le gouvernement fédéral à la Région wallonne. Pour le ministre wallon de l'Agriculture, le fédéral met la Région devant le fait accompli. `Ce n'est pas correct. On se fout des régions, alors qu'on renâcle à régionaliser la matière. C'est simple, évidemment, pour le gouvernement fédéral de nous porter à charge ce type de frais. A titre de comparaison, c'est un peu comme si on décidait que les munitions dont on ne se sert plus à l'armée doivent être déclassées sous forme de déchets, et que la destruction de ces vieilles munitions doive être assumée par la Région´
Pour vous, c'est toujours l'Europe qui doit payer?
`Oui, et je ne change pas d'avis. Le fédéral doit financer, et ensuite se tourner vers l'Europe. Aujourd'hui, l'Etat se tourne vers les régions! Budgétairement, nous ne sommes pas prêts à acquitter cette somme. Et on nous annonce qu'il faut payer avant le 1er janvier! Ce n'est pas parce que la Région flamande aura une facture sept fois supérieure à la Région wallonne que je vais reconsidérer ma position.´
Qui sont les vrais responsables?
`La crise de la vache folle est tout à fait différente de celle de la dioxine. Dans ce dernier cas, on pouvait estimer que l'Etat fédéral était pleinement responsable, puisqu'il devait assurer les contrôles. Dans le contexte de la vache folle, les régions et l'Etat ont joué leur rôle: dès 94, l'introduction de farines animales dans l'alimentation des bovins était interdite et bien contrôlée. Toutes les dispositions ont été prises. Les vrais responsables, ce sont les Anglais.´
Ces derniers jours, les agriculteurs sont descendus dans la rue, à Libramont, Bastogne, Marche-en-Famenne, Namur
`Je les comprends. Ils ne sont pas responsables de ce qui arrive. L'agriculteur n'est pas en mesure d'analyser l'alimentation de ses animaux, il doit donc faire confiance. Lorsqu'un agriculteur achète un sac de farine, celui-ci est censé être de bonne qualité. Même chose pour le consommateur qui achète un steack ou un kilo de pommes de terre: il se fie aux systèmes de contrôle.´
Quel avenir pour l'agriculture? Quels sont les objectifs prioritaires pour l'année 2001?
`Plus le temps passe, et plus je me rends compte qu'on ne sauvera l'agriculture wallonne que si on la régionalise au maximum. Regionaliser les compétences actuellement fédérales est un objectif sans limite. Les syndicats agricoles qui ont commencé par condamner ce projet piétinent aujourd'hui pour qu'on aille plus vite, plus loin, plus fort.´