Mais la loi ne s’arrête pas à la rue. Elle stipule que "toute personne ayant un comportement ou un geste, en public ou en présence de témoins, visant à considérer une personne comme inférieure ou à la mépriser en raison de son sexe ou encore de la réduire à sa dimension sexuelle, peut être punie". C’est sur cette base que le Conseil des femmes francophones de Belgique s’est constitué partie civile à la suite du commentaire prononcé par le journaliste Hugues Dayez lors de la cérémonie des Magritte 2017 alors qu’il se situait dans la salle réservée aux journalistes.

La loi a été très peu utilisée depuis son entrée en vigueur. L’année passée, seules 69 plaintes pour sexisme ont été traitées par la police. En 2018, leur nombre s’élevait à 55, en 2017 à 46, en 2016 à 45 et en 2015 à 19. L’ensemble de ces plaintes concernaient des cas de sexisme en rue.

La première condamnation pour sexisme en rue date de 2018. Elle concerne un jeune homme qui s’en est pris à une policière et l’a disqualifiée en raison de son genre. L’homme a été condamné à une amende de 3 000 euros par la section néerlandophone du tribunal correctionnel de Bruxelles.