L’homme avait disparu le 13 novembre en fin de journée, après avoir signé le bail de son futur appartement.

C’était le 26 novembre dernier. Sa mère et sa compagne témoignaient dans la DH et appelaient Mohamed Abrini à se rendre. "Combien de temps va-t-il se cacher ?" , sanglotait sa maman, Mimouna.

Ce temps est désormais connu : 149 jours. Mohamed Abrini a été interpellé hier à Anderlecht, square Albert 1er, dans le quartier de Cureghem, à moins de 2 km à vol d’oiseau de son ancien domicile de Molenbeek.

La dernière fois qu’Abrini, 31 ans, avait été vu, c’était par sa propre mère, le vendredi 13 novembre à 20h30, soit environ 40 minutes avant que les trois commandos ne passent à l’attaque dans la capitale française. "Je l’avais déposé à son snack de la rue Ransfort", décrivait sa mère.

Sa compagne avait également précisé à la DH que, trois heures plus tôt, le couple venait de signer le bail de leur futur appartement de Jette, en prévision de leur futur mariage qui devait se tenir au printemps. Une information qui avait été confirmée par la propriétaire du bien.

Dans son quartier, Abrini était surnommé Brioche depuis qu’il avait travaillé dans une boulangerie de la rue Ransfort. Il avait ensuite repris un snack dans la même rue, à quelques mètres de l’endroit où s’était planqué Ayoub El Khazzani, le tireur du Thalys. Il avait un long casier judiciaire, principalement émaillé de faits de vol, entre 2007 et 2010.

Les enquêteurs sont persuadés qu’il a effectué un court voyage en Syrie, en juin 2015. Sa compagne avait prétendu à la DH qu’il ne s’agissait que de vacances en Turquie, avant d’aller sur la Côte d’Azur puis l’Angleterre, en compagnie d’un "ami" qu’elle n’avait pas su nommer.

Mohamed Abrini avait un frère mort en Syrie, Soulaimane, qui avait rejoint les rangs des djihadistes via la funeste filière de Khalid Zerkani. Il a été tué lors de combats en août 2014, "d’une balle dans la tête" selon sa mère.

Mohamed Abrini était fiché sur la liste des 80 personnes radicalisées transmise à la commune de Molenbeek.

Comme la VRT et la RTBF l’ont annoncé, l’ADN d’Abrini a été retrouvé dans l’appartement de la rue Max Roos, dernière planque des kamikazes de Zaventem et Maelbeek.

Par ailleurs, selon un document policier français que nous nous sommes procuré, son ADN a également été trouvé dans l’appartement de la rue Henri Bergé, lieu de la première planque de Salah Abdeslam. Autant de signes qui tendent à prouver que le désormais ex-fugitif n’a jamais quitté la cellule à l’origine des pires attentats commis ces dernières années. Le fait qu’il ait été arrêté vivant est une grande victoire pour l’enquête. Reste à savoir s’il daignera révéler les détails de ces opérations qui ont endeuillé la France et la Belgique.