Le front commun syndical estime la marge salariale maximale, hors index, de 0,4% insuffisante et considèrent que des hausses plus substantielles sont possibles dans certains secteurs. La déception est grande du côté des patrons qui croyaient en la conclusion d'un accord, ont exprimé la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), l'Union des classes moyennes (UCM), Unizo et le Boerenbond, lors d'une conférence de presse. Les négociations sur l'AIP patinent depuis belle lurette mais les discussions avaient repris début avril après l'élaboration d'une "note de départ" par le gouvernement. Celle-ci scindait les négociations sur l'enveloppe bien-être d'une part et celles sur l'augmentation des salaires d'autre part. Pour la première partie, les partenaires sociaux ont abouti à un accord la semaine dernière.

Quant à la seconde, "le gouvernement a décidé d'une norme salariale maximale à 0,4% et a donné la possibilité aux partenaires de fixer, via une convention collective de travail, les critères d'une prime unique, non récurrente, pour les entreprises qui auraient bien performé" malgré la crise sanitaire, a expliqué Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB. L'accord doit être obtenu pour le 1er mai, faute de quoi la note du gouvernement s'imposera, selon M. Timmermans.

"Le 13 avril, M. Dermagne (ministre de l'Emploi, NDLR) a demandé aux deux bancs s'ils étaient d'accord pour négocier dans ce cadre contraignant et les deux ont accepté", a poursuivi le patron des patrons. "Maintenant, on apprend que ceci n'était pas un accord", a-t-il ironisé. En effet, lors d'une réunion lundi, les syndicats ont donné comme prérequis aux négociations une modification de la loi de 1996 encadrant la norme salariale, une hausse des salaires supérieure à 0,4% dans certains secteurs, un assouplissement des prépensions et une augmentation du salaire minimum, a affirmé M. Timmermans. "C'était la douche froide."

"Nos propositions constructives ont été balayées d'office, la note a été jetée aux oubliettes", a dénoncé Pierre-Frédéric Nyst, président de l'UCM. Le patronat a pointé la situation économique très difficile en raison de la pandémie du Covid-19. "Les entreprises nous ont dit qu'il serait très difficile d'augmenter les salaires", a témoigné M. Nyst. Les employeurs ont aussi déploré que le contenu de la prime exceptionnelle n'a jamais été discuté.

"Nous restons prêts à trouver une solution mais il est temps que le gouvernement décide. Il faut terminer cette saga du oui, non, peut-être pour que nous puissions discuter d'autres dossiers à partir de mai", a appelé l'administrateur délégué de la FEB.