Une situation que le syndicat libéral qualifie d'inquiétante. Pour pouvoir lire certains documents, accéder à certaines zones et exercer certaines fonctions au sein de l'armée, une habilitation de sécurité est nécessaire. Son retrait relève de la compétence du SGRS. Et tout recours doit être adressé au Comité permanent de Contrôle des services de renseignement et de sécurité, dit Comité R.

Dans pareil cas, les syndicats offrent une assistance juridique à leurs affiliés. "Depuis début juin, nous constatons une augmentation inquiétante du nombre de demandes d'aide de la part de nos membres suite à des décisions aussi rapides que surprenantes du SGRS", signale mercredi le président du SLFP-Défense Dimitry Modaert. "Alors que des militaires disposent depuis 10 à 15 ans de ces habilitations, celles-ci sont soudainement retirées avec une motivation copiée et collée d'un document à l'autre", poursuit-il.

La semaine dernière, le syndicat libéral a reçu cinq demandes d'assistance de la part de ses membres. "L'affaire Jürgen Conings a probablement révélé des manquements mais cela ne justifie pas une 'chasse aux sorcières' qui pourrait, sans discernement, pénaliser des militaires exemplaires", estime M. Modaert.

La CGPM dit avoir connaissance de cinq dossiers, mais refuse de parler de "chasse aux sorcières".

Les forces de l'ordre sont toujours à la recherche du militaire aux sympathies d'extrême droite, Jürgen Conings, en fuite depuis le 17 mai. Agé de 46 ans, il avait emporté des armes lourdes de la caserne de Bourg-Léopold et proféré des menaces à l'encontre de plusieurs personnes, dont le virologue Marc Van Ranst.