Il visera dans un premier temps à établir les priorités pour 2022 avant la mise au point d'un plan pluriannuel l'an prochain. La ministre a livré devant la commission de la Défense de la Chambre quelques unes des conclusions du rapport du comité R sur l'affaire Jürgen Conings. L'organe de contrôle des services de renseignement, dans la lignée d'un rapport de l'Inspection militaire, a produit un rapport sévère sur les dysfonctionnements qui ont émaillé le suivi du militaire d'extrême-droite radicalisé: flux d'informations défaillant, non traitement d'informations, non communication à la hiérarchie, absence à des réunions importantes, rotation de personnel trop importante, perte d'expertise, pas de priorité accordée à l'extrême-droite, etc.

Les plans d'actions devront y remédier. Ils devront aussi assurer une meilleure collaboration avec les autres services en charge de la sécurité, à commencer par une collaboration "lisible" entre la Sûreté de l'Etat, en charge du renseignement civil et qui bénéficiera d'une sérieuse revalorisation dans les années à venir, et le SGRS.

"Il y a du pain sur la planche", a souligné la ministre qui entend "examiner toutes pistes, y compris s'il devait être conclu que les missions légales du SGRS ou les interprétations qui en sont faites ne sont plus adaptées".

Une réponse devra aussi être apportée au manque personnel. Combinée à l'absence de priorités, cette carence mène à ce qu'"on essaie de tout faire sans les moyens nécessaires". Et face à la rotation trop importante de personnel au sein du SGRS, la ministre veut développer une carrière du renseignement au sein de l'armée.